Le rachat de Kaisa permet au marché du crédit chinois de respirer
Le promoteur chinois a finalement remboursé son échéance et annonce le rachat d’une participation de 49,25% par Sunac.
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Patrick Aussannaire
Le marché du crédit chinois respire. Le promoteur immobilier Kaisa Group s’est acquitté quelques jours seulement avant la fin du délai de grâce de 30 jours du paiement d’un coupon de 25,6 millions pour l’obligation 2020 en dollars sur laquelle il a fait défaut en janvier. Une annonce qui a permis au prix du titre de rebondir à 72 cents sur le marché secondaire.
Le cours de l’obligation était tombé à 33 cents mi-janvier lorsque l’inquiétude montait quant à un événement de crédit qui favoriserait les créanciers locaux au détriment des étrangers. Il avait entraîné des tensions sur le marché «high yield» local et le report de nombre d’émissions.
Si le cours est encore loin d’être revenu au niveau du pair au-dessus duquel il cotait avant le défaut, le rachat d’une participation de 49,25% de Kaisa par son concurrent Sunac China Holdings, noté «Ba3» par Moody’s, a éclairci l’horizon pour les porteurs de dette. L’agence, a mis hier la note «Ca» de la dette senior non sécurisée de Kaisa sous revue pour un éventuel relèvement. Elle explique sa décision par le fait que ce rachat, s’il est mené à bien, «améliorerait significativement les perspectives de remboursement des créanciers de Kaisa, y compris les porteurs étrangers d’obligations».
Sunac, noté «Ba3», a fait une offre de rachat de la participation de la famille de Kwok Ying Shing pour 1,80 dollar hongkongais (HKD) par action, soit 4,55 milliards (520 millions d’euros). Un prix offrant une prime de 13% par rapport au cours de l’action avant sa suspension le 29 décembre. A sa reprise de cotation hier, le titre s’envolait de 32% pour atteindre 2,10 HKD. Début janvier, Sunac avait déjà acquis plusieurs projets de construction de Kaisa, concentrés dans les villes chinoises de troisième et quatrième rangs où les prix chutent le plus fortement, pour 385 millions de dollars.
Le processus de rachat reste néanmoins conditionné au renoncement à toute action judiciaire de la part des créanciers de Kaisa, à la résolution des procédures en cours et des irrégularités constatées sur ses activités, ainsi qu’à l’approbation des actionnaires. En outre, «compte tenu de l’affaiblissement du marché obligataire offshore (avec des taux d’intérêt en hausse) pour les promoteurs immobiliers chinois et la baisse anticipée du renminbi, les coûts de financements de Sunac devraient augmenter même avant le rachat effectif», estime Deutsche Bank.
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