« Le raccourcissement des opérations de refi se fera le plus progressivement possible »
Sébastien Ribeau, responsable de la gestion monétaire chez Lazard Frères Gestion
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Violaine Le Gall
L’Agefi : Quelle interprétation faites-vous de l’indexation de l’opération de refi à un an (LTRO) ?
Sébastien Ribeau : La décision de la BCE d’indexer le taux de la dernière LTRO à un an sur une moyenne des bids minimum des MRO hebdomadaires (les principales opérations de refi, ndlr) se veut neutre, d’après Jean-Claude Trichet. L’ajout d’un spread au taux refi aurait été interprété comme un signal annonciateur d’une prochaine hausse des taux directeurs. Une opération à taux refi flat aurait induit un statu quo. Dans cette configuration, le refi sert de taux plancher et laisse les mains libres à la BCE d’adapter sa politique de soutien en fonction du contexte économique et bancaire.
Quel sera l’impact sur la demande ?
Au premier semestre 2010, la BCE ne devrait pas revenir sur les conditions des MRO actuelles et le marché restera inondé de liquidités de la banque centrale. Au début du second semestre, les conditions pourraient changer car c’est en juin que la première LTRO à un an de 442 milliards d’euros (70% des sommes prêtées par la BCE) arrive à échéance. Il est cependant probable que la BCE gérera la transition vers les opérations de refinancement plus courtes de la manière la plus progressive possible. Les MRO à ce moment-là seraient toujours proposées dans des conditions favorables, proches du refi. Ainsi, l’impact de la seule indexation apparaît neutre.
En revanche, le lissage de l’échéancier des remboursements, la quantité de collatéral toujours disponible, le coût de ces opérations pour les banques (le swap Eonia 1 an est à 0,72% contre un refi à 1%), l’incertitude liée aux conditions et au timing du retour à un fonctionnement normal du marché interbancaire, sont autant de facteurs susceptibles d’affecter la demande.
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