Le PSI fera à peine baisser le niveau de la dette grecque
Paradoxe: en dépit de l’ampleur des pertes acceptées par les créanciers privés, le niveau de la dette grecque ne baissera pas significativement. Le ratio de dette devrait passer de 163,7% du PIB l’année dernière à 161,9% cette année, soit une baisse de seulement 1,8 point de pourcentage, si l’on tient compte des hypothèses du FMI. Selon les calculs de JPMorgan, le ratio de dette sur PIB augmenterait même de 3,5 points cette année par rapport à 2011.
Certes, après le lancement du plan et l’activation des clauses d’action collective, les créanciers privés ont dû, bon gré mal gré, accepter une décote de 53,5% sur leurs titres. D’après les hypothèses du FMI, l’application de la décote sur les quelque 206 milliards d’euros de dette privée devrait abaisser le niveau de dette de 50,9 points de PIB. La Grèce allègera aussi un peu le fardeau de son endettement grâce aux - maigres - recettes tirées des privatisations. Elles abaisseraient le ratio de dette de 1,5 point.
Le soulagement ne sera que de courte durée. Car après l’échange de dette, les établissements financiers locaux vont devoir être recapitalisés, ce qui fera automatiquement remonter le ratio de dette de 24,2 points. Le déficit augmentera très naturellement le niveau de dette (+4,4 points), tout comme la contraction du PIB (+8,2 points). Enfin, la Grèce s’endettera aussi pour financer l’échange de dette et renflouer les fonds nationaux de sécurité sociale.
JPMorgan parvient à des résultats encore plus pessimistes en raison de prévisions de besoins de recapitalisation des banques, de déficit et de récession encore plus forts. Selon la banque, le ratio de dette sur PIB monterait jusqu’à 168,6% cette année. De quoi rendre une nouvelle restructuration encore plus probable.
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