Le projet d’ETF de JPMorgan sur le marché du cuivre provoque de vives critiques
La SEC a été mise en garde contre les risques de distorsion que pourrait créer ce produit sur les cours du métal rouge
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Olivier Pinaud
Cuivre en fusion dans une usine polonaise. photo: Bartek Sadowski/Bloomberg
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Le projet de JPMorgan de lancer un ETF sur le marché du cuivre est loin de faire l’unanimité. Dans un courrier récemment adressé à la Securities and Exchange Commission (SEC), Southwire, l’un des plus grands consommateurs de métal rouge aux Etats-Unis, et le courtier Red Kite mettent en garde contre les dangers que pourrait faire naître ce produit. Selon eux, cet ETF à réplication physique risque de tendre un peu plus les stocks mondiaux de cuivre logés au London Metal Exchange et donc de tirer à la hausse les cours du métal. Sans parler de possibles distorsions voire de manipulations sur ce marché, relativement étroit comparé à d’autres métaux.
S’ils ne parlent pas ouvertement de risque de fraude, les auteurs du courrier n’hésitent pas à rappeler l’affaire Sumitomo de 1996. Celle-ci avait coûté près de 2 milliards de dollars de pertes à la banque japonaise en raison des positions frauduleuses accumulées sur le marché du cuivre par son trader Yasuo Hamanaka. Son stratagème avait contribué à la flambée de 50% du prix du métal rouge en un an.
Des ETF à réplication physique sur le cuivre ont déjà été commercialisés en Europe par plusieurs intermédiaires, dont ETF Securities ou Deutsche Bank. Mais leur impact a été relativement faible sur le marché, avec des volumes de collatéral ne représentant que quelques pourcents des stocks. En revanche, l’ETF qu’envisage de lancer JP Morgan sur le marché américain pourrait représenter jusqu'à 61.800 tonnes de cuivre, soit 27% des stocks du London Mercantile Exchange. La SEC pourrait se prononcer dans les prochaines semaines.
Après avoir franchi la barre des 10.000 dollars la tonne début 2011, le cours du cuivre s’est replié violement avec l’aggravation de la crise dans le courant de l’été 2011. A 7.530 dollars la tonne, le métal rouge est actuellement à son plus bas niveau de l’année, le ralentissement de la croissance en Chine faisant craindre une moindre consommation. Récemment, le responsable de la division cuivre du groupe minier Xstrata a néanmoins prédit un rebond de la demande de cuivre en Chine au second semestre, la consommation de métal rouge étant habituellement plus nourrie durant cette période de l’année.
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