Le programme de rachats d’ABS divise les gouverneurs de la BCE
Le plan de rachats de parts de titrisation de la Banque centrale européenne suscite toujours des débats nourris sur sa mise en œuvre. Au sein du Conseil des gouverneurs, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, avait déjà eu l’occasion de faire connaître son hostilité au principe même de ces rachats d’ABS, dont il craint qu’ils ne dégradent le bilan de la BCE.
Jeudi dernier, lors de la réunion mensuelle de la banque centrale, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a lui aussi fait entendre sa différence.
Sur le principe, le banquier central français est totalement favorable à ce que la BCE rachète des parts de titrisation. Sa position n’a donc rien de comparable avec celle de Jens Weidmann. Les modalités du programme de rachats d’ABS ont en revanche attiré ses critiques. La Banque centrale européenne compte en effet recourir à des gestionnaires d’actifs pour mener à bien les rachats, afin de lancer ce programme dès le quatrième trimestre, comme elle l’a annoncé la semaine dernière.
Le processus de sélection de ces prestataires extérieurs est en cours: DWS, la filiale de Deutsche Bank, serait sur les rangs, de même que BlackRock, le gestionnaire américain, déjà mandaté pour aider la BCE à définir son programme. L’heureux gagnant pourrait être désigné le 15 octobre, lors de la prochaine réunion bimensuelle du conseil des gouverneurs, ou début novembre, indiquait hier Reuters. Ils auront dans les faits un rôle de brokers, l’évaluation et le choix des titrisations à acheter restant du ressort des banques centrales nationales, selon des sources proches du dossier.
Pour Christian Noyer, la Banque de France, la Bundesbank et leurs consœurs ont la capacité de mener à bien seules ces opérations. Les traités européens disposent d’ailleurs que les banques centrales nationales sont en charge de la mise en œuvre de la politique monétaire. Les précédents programmes d’achat d’actifs de la BCE, qu’il s’agisse du Securities Market Program de 2010-2012 portant sur les dettes publiques ou des deux premiers plans d’achats d’obligations sécurisées, avaient d’ailleurs été menés intégralement en interne. Enfin, le recours à des tiers soulève des questions de coût de mise en œuvre.
Plus d'articles du même thème
-
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours. -
Les fonds Obligations Euro toutes maturités à la loupe #172
La tendance baissière se poursuit sur ces fonds avec une moyenne des performances sur douze mois de +1,91%. -
Wall Street prospecte le filon des activités que l'IA ne pourra pas remplacer
Casinos, complexes de loisirs : outre-Atlantique, un nombre croissant d'investisseurs s'entiche du "location based entertainment", ces loisirs et expériences physiques ancrés dans un lieu précis. -
PARTENARIATAccalmie géopolitique : pourquoi les métaux stratégiques restent sous pression
Ormuz rouvre, mais le déficit d'aluminium et les goulets d'extraction persistent. Quel impact sur les portefeuilles -
PARTENARIATLes trois leviers structurels qui maintiennent les marchés mondiaux de l'énergie en équilibre
Entre choc et résilience, la crise au Moyen-Orient offre l’opportunité d’analyser comment les marchés énergétiques s'adaptent grâce à des mécanismes structurels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
« Un vote historique » : comment Zohran Mamdani a réussi à geler les loyers à New York
Jeudi soir, une commission de la Ville a voté le gel des loyers des logements régulés. Un vote historique sur une promesse de campagne du maire démocrate, mais controversé -
Pourquoi le gouvernement reporte l'examen du projet de loi « Etat local »
Face à l’opposition des élus locaux et des experts, le gouvernement de Sébastien Lecornu recule sur un transfert inédit de fonctionnaires à l’autorité préfectorale -
Défaillances dans l’enseignement supérieur privé : un nouveau rapport accablant
Un nouveau rapport d’inspection publié ce vendredi constate des dérives et formule des propositions pour mieux réguler le secteur de l'enseignement supérieur privé. Quelque 400 000 étudiants y sont scolarisés