Le problème irlandais perturbe la stratégie de sortie de la BCE
D’une éventuelle aide européenne à Dublin, le débat s’est déplacé cette semaine sur le terrain d’un soutien aux banques irlandaises. Et pour cause: ces dernières consomment désormais 25% de la liquidité à moyen et long terme injectée par la Banque centrale européenne, avec 130 milliards d’euros de financement. Les banques irlandaises devancent leurs concurrentes grecques (17% des fonds BCE) et surtout espagnoles (13%, après une pointe à 21%). «Une plus grande partie du refinancement des positions bancaires espagnoles passe désormais par le marché du repo», notent les économistes de Natixis.
Par rapport au PIB des pays périphériques de la zone euro, la disproportion des concours de la BCE au secteur bancaire irlandais est encore plus voyante. Ces financements représentent 80% du PIB irlandais, contre 40% pour la Grèce, un peu plus de 20% pour le Portugal et autour de 5% pour l’Espagne.
Cette dépendance complique la politique de retrait progressif de la liquidité bancaire, engagée par la BCE. Son vice-président Vitor Constancio a d’ailleurs vanté auprès de Dublin les mérites d’une aide de l’Union européenne, qui soulagerait la banque centrale et lui permettrait de continuer à retirer ses fonds. Son collègue Juergen Starck a plaidé hier pour une réduction des liquidités après janvier. «La BCE ne veut pas que sa stratégie de sortie soit l’otage des banques irlandaises», souligne la recherche taux de SG CIB. Faute de solution européenne, et plutôt que de reporter à nouveau son calendrier de sortie, l’institution disposerait d’une troisième option. «Elle pourrait mettre sur pied un système à deux étages, où les banques en difficulté peuvent accéder au financement, peut-être avec une pénalité, séparément des autres établissements», évoque Nick Mattews, économiste chez RBS
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat