Le problème grec revient hanter les pays de la zone euro
Les créanciers de la Grèce n’ont pas fini de boire la tasse. Alors qu’une pause d’environ une semaine a été décrétée dans la mission des créanciers internationaux de la Grèce, selon un premier jet du rapport du FMI sur le pays que s’est procuré le Wall Street Journal, le déficit du pays serait bien trop important pour être autofinancé et dépasserait de 30 milliards d’euros l’objectif initial. Même si les parties souhaitent à tout prix éviter une situation extrême, les négociations entre le FMI, la BCE, les pays de la zone euro pour déterminer les contributions à un nouveau rallongement au financement de la dette grecque devraient être tendues.
Vendredi, Thanos Catsambas, représentant du FMI, a alerté ses partenaires que «tout financement additionnel de toute forme devra venir exclusivement de l’Europe». La Grèce doit rembourser au Fonds 9,5 milliards d’euros en 2014 et 10,8 milliards en 2015. Et le FMI de pointer du doigt dans un rapport interne cité par le WSJ l’absence de concurrence et l’excès de réglementations qui pèsent sur le niveau des prix. Dans le secteur pétrolier, l'écrasante domination du duo constitué par Motor Oil Hellas Corinth Refineries et Hellenic Petroleum coûterait ainsi un milliard d’euros par an au consommateur.
Or, une solution doit impérativement être trouvée d’ici novembre, car le crédit de 173 milliards d’euros accordé en mars est déjà sérieusement entamé. Une nouvelle émission à court terme se ferait à un coût élevé - le taux est de 4,31% pour émission à 12 mois - et certains membres s’opposent fermement à une extension de la date de remboursement des obligations grecques détenues par la BCE.
Sans compter que la grogne sociale limite les marges de manœuvre du gouvernement d’Antonis Samaras qui attend depuis juin une nouvelle tranche d’aide de 31 milliards ainsi qu’un nouveau délai de deux ans pour atteindre les objectifs budgétaires conditionnant le versement de l’aide. Une demande qui semble avoir trouvé grâce aux yeux du Premier ministre français Jean-Marc Ayrault qui exige en contrepartie un engagement sincère d’Athènes pour mener à bien les réformes fiscales exigées. L’Europe a déjà fait un premier geste en suspendant une décision de justice réclamant les 425 millions d’aides d’Etat versées indûment à Elga, «compte tenu des circonstances exceptionnelles entourant la situation économique et sociale» du pays. L’effacement des 53 milliards de dette grecque héritée du premier programme d’aide de mai 2010 est sur la table, selon le WSJ.
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