Le prix de l’immobilier en Chine désolvabilise une grande part des ménages
Les ratios de capacité d’accès à la propriété se dégradent fortement depuis 2008, en dessous des standards internationaux
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Nuno Teixeira, Schroders
Beaucoup s’interrogent sur le boom de l’immobilier résidentiel en Chine depuis début 2009. Pour stimuler l’économie, les autorités ont favorisé une véritable explosion du crédit aux ménages –notamment immobilier. Alors que le poids des crédits aux ménages dans l’économie était très bas en 2008 (14% du PIB), il atteint déjà près de 30% en 2010. Sur l’immobilier, l’ampleur des stimuli gouvernementaux et la hausse des prix sur un an –plus de 17% en moyenne à fin janvier– ont soulevé des craintes de bulle immobilière.
La capacité d’accès à la propriété peut être analysée par le ratio entre le prix médian des biens immobiliers et le revenu annuel médian des ménages. Celui-ci se situe aujourd’hui en Chine autour de 6,7 fois –un chiffre bien supérieur aux niveaux jugés internationalement acceptables (entre 3 et 4). A Pékin, un ménage doit ainsi dépenser en moyenne près de 70% de son revenu mensuel disponible pour rembourser son crédit immobilier.
Certes, il faut manier ces ratios avec précaution. La qualité des données statistiques chinoises est loin d’être parfaite et les fortes disparités de revenus peuvent gonfler les ratios: la classe moyenne est typiquement concentrée dans le premier quartile de la population, ce qui tend à biaiser le revenu médian vers les ménages les plus modestes. Enfin, ces statistiques ne tiennent pas compte des transferts de richesse des parents aux enfants et de l’économie souterraine. On peut cependant considérer que le premier tiers des principales villes chinoises connait une situation de surchauffe, ainsi qu’une partie du deuxième tiers. Une situation qui explique les mesures restrictives prises depuis le mois d’avril par les autorités afin d’aboutir à un «atterrissage en douceur».
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