Le président de la BCE confirme le programme de rachat d’obligations
Mise à jour à 16h20
La Banque centrale européenne a décidé de lancer un nouveau programme de rachat d’obligations dans le but de faire baisser les coûts de financement des Etats de la zone euro en difficulté et de rassurer les investisseurs sur le fait que l’euro est «irréversible», a déclaré ce jeudi son président Mario Draghi, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion mensuelle de politique monétaire du conseil. Les achats seront ciblés sur «la partie la plus courte de la courbe des taux», particulièrement entre un et 3 ans.
Demande d’aide préalable
Ces opérations se feront, comme attendu, sous la condition que les pays bénéficiaires aient formulé au préalable une demande d’aide au Fonds européen de stabilité financière (FESF). «Elles seront envisagées dans les cas à venir de programme d’ajustement macroéconomique du FESF/MES ou de programmes préventifs. Ils pourraient aussi être envisagés pour des Etats-membres bénéficiant actuellement d’un programme d’ajustement macroéconomique lors de leur retour sur le marché (primaire) obligataire» a-t-il encore précisé.
Le nouveau plan de rachat de dette sera mis en œuvre sur le marché secondaire pour «préserver la transmission de la politique monétaire dans tous les pays de la zone euro». Il a pour but de corriger les distorsions des marchés obligataires et d’apaiser les craintes «infondées» des investisseurs sur la pérennité de l’euro, a-t-il poursuivi, déclarant que «l’euro est irréversible». Le nouveau plan, auquel la Bundesbank allemande passe pour s'être opposée, devrait constituer un «filet de sécurité pleinement efficace pour prévenir des scénarios potentiellement destructeurs», a déclaré le président de la BCE. «Nous sommes strictement dans le cadre de notre mandat», a-t-il assuré.
En outre, il a été décidé que la Banque centrale européenne renoncera à son statut de créancier privilégié sur les obligations d’Etat qu’elle achètera sur les marchés dans le cadre du nouveau programme de soutien aux Etats de la zone euro en difficulté. La BCE bénéficiait de ce statut lors de la restructuration de la dette grecque au début de cette année, ce qui lui a évité des pertes sur la valeur des obligations souveraines émises par Athènes, alors que les créanciers privés étaient contraints à de lourdes dépréciations. Les marchés craignaient une répétition de ce traitement de faveur lors de nouvelles interventions en soutien à d’autres pays, une perspective qui aurait pu les inciter à céder en masse leurs titres.
Plus d'articles du même thème
-
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs. -
Les stratégistes reviennent sur la tech américaine et les taux courts européens
Alors que la réouverture du détroit d’Ormuz renforce l’optimisme sur un accord entre les Etats-Unis et l’Iran, stratégistes de banques et gérants avaient déjà commencé à bouger leurs pions vers les actions américaines et les obligations en Europe.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat