Le Premier ministre grec se prépare à renégocier les termes de l’aide

Les créanciers européens sont conscients du fait que le programme n’est pas tenable, mais l’Allemagne campe sur une ligne dure
Violaine Le Gall

Le leader de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, est devenu hier le nouveau Premier ministre grec. Son premier objectif, avec l'équipe qu’il va former, sera de tenter d’obtenir un assouplissement des termes du plan d’aide accordé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. Dans ces discussions qui s’annoncent délicates, il devrait être épaulé par Vassilis Rapanos, l’actuel patron de la Banque de Grèce, qui devrait devenir ministre des Finances.

Mais en attendant la formation imminente du gouvernement, c’est le ministre des Finances sortant, Giorgos Zanias, qui se rendra aujourd’hui à la réunion de l’Eurogroupe au Luxembourg. Hier dans la soirée, ce dernier s’est entretenu avec Antonis Samaras et Evangelos Venizelos, le patron du parti socialiste, le Pasok, qui fait partie de la coalition. La réunion «sera la première grande bataille sur la révision de l’accord de renflouement, pour la création d’un cadre qui nous permettra de retrouver la croissance et combattre le chômage qui est le grand problème de la société grecque», a déclaré hier le leader du Pasok.

De leur côté, les créanciers ne sont pas tous d’accord sur la nouvelle marge de manœuvre à laisser à Athènes. Ils sont certes tous conscients que les termes de l’accord ne peuvent pas être maintenus. Mais les Allemands restent sur une ligne assez dure. «Le gouvernement grec va et doit mettre en œuvre les engagements» pris, a martelé Angela Merkel en marge du G20 au Mexique. La chancelière ne peut se permettre pour l’instant d’infléchir son discours alors que le Bundestag doit voter, le 29 juin, la réforme du Mécanisme européen de stabilité. En début de semaine, Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères, avait ouvert la porte à des discussions sur le calendrier. Depuis, l’Allemand Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a rappelé les conséquences d’un éventuel décalage par rapport aux objectifs fixés. «Tant que le pays affiche un déficit primaire, il y aura besoin d’une aide supplémentaire extérieure», a-t-il rappelé.

Pour l’heure, Athènes devrait toutefois recevoir le milliard d’euros qui avait été retenu par le FESF (fonds européen de stabilité financière) début mai, lorsqu’aucun gouvernement n’avait été formé après les premières élections législatives.

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