Le Premier ministre grec en quête d’un consensus national
Quelques heures avant que son nouveau ministre des Finances, le vétéran Evangelos Venizelos, ne rejoigne Luxembourg pour participer à une réunion de l’Eurogroupe (lire pages 1 et 2), le chef du gouvernement a joué la carte du rassemblement et de l’apaisement. «Afficher nos divisions ne nous aide pas», a déclaré Georges Papandréou au Parlement, en lever de rideau d’un débat sur une motion de confiance soumise aux votes demain soir. «Je demande un vote de confiance afin que nous puissions, d’une voix forte, négocier un nouvel accord», a martelé le Premier ministre.
Georges Papandréou sait qu’il s’agit d’un tournant politique majeur puisque si le plan d’austérité de 28 milliards d’euros n’est pas approuvé d’ici la fin du mois par le Parlement, les choix entérinés à Luxembourg seront sans effet. Majoritaire au sein de la chambre, avec 155 sièges sur 300, le gouvernement doit néanmoins faire face à une grogne croissante au sein de son propre camp. Trois députés du Pasok, le parti socialiste majoritaire, ont ainsi plié bagages la semaine dernière. Pour répondre à cette inquiétude, le Premier ministre a présenté vendredi un remaniement ministériel.
Au-delà de la classe politique, la rue a également fait entendre son mécontentement au travers de manifestations, parfois violentes. Georges Papandréou lui a promis hier la tenue d’un référendum à l’automne sur des réformes du système politique, certaines devant passer par une modification de la constitution. Le gouvernement entend pour ce faire mettre sur pied une commission chargée de recueillir les doléances des citoyens. «Une absence de méritocratie et de transparence dans le secteur public, ainsi qu’une corruption et une surconsommation ont contribué à la situation économique actuelle», a-t-il assené.
Alors que l’aléa politique plane au-dessus de l’Acropole, Georges Papandréou a indiqué qu’il se rendrait aujourd’hui et demain à Bruxelles pour discuter d’un nouveau plan d’aide avec le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Il a confirmé que le pays négociait un plan «à peu près égal» à celui de 110 milliards d’euros élaboré il y a un an.
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