Le Portugal s’offre un bol d’air sur ses échéances de dette à venir
Le Portugal profite d’un retour en grâce sur les marchés pour repousser ses échéances en procédant aujourd’hui à un échange de titres arrivant à maturité sur les deux prochaines années contre des maturités plus longues. Le Trésor rachètera environ 16 milliards d’euros d’obligations octobre 2015, février et octobre 2016 pour abonder les souches d’échéance 2021 et 2023. A 2,91%, le taux à 10 ans est tombé hier à son plus bas historique, et le spread avec le Bund allemand s’est détendu de 30 pb depuis le début du mois pour revenir à 26 pb de son plus bas depuis mai 2010, atteint en juin. Natixis prévoit une poursuite de la réduction du spread à 200 pb fin 2014, puis 115 pb fin 2015.
La réussite de cette opération permettrait de réduire de 6 milliards d’euros les besoins de financement bruts initialement estimés à 18,8 milliards l’an prochain, après 29,5 milliards cette année. Des besoins auxquels le Trésor prévoyait de faire face en levant 13,6 milliards sur les marchés, 2,5 milliards par des placements de titres auprès des particuliers et en utilisant une partie des réserves excédentaires des administrations publiques, de 10 milliards. «Avec des taux en net repli, des opérations d’émission à long terme et d’échange de dette réussies l’an dernier, et des perspectives positives en termes de croissance et de notation, les investisseurs pourraient être au rendez-vous», estime Natixis.
Le parlement portugais a officiellement adopté hier le budget 2015 prévoyant de ramener le déficit public sous le seuil des 3% du PIB pour la première depuis quinze ans, à 2,7%, après 4,8% cette année. Pour ce faire, le gouvernement prévoit des mesures de consolidation qui s’élèvent à 0,7% du PIB et reposent pour moitié sur une réduction des dépenses. Des mesures d’assouplissement budgétaire sur les ménages et les entreprises ont néanmoins été introduites, avec une baisse du taux d’impôt sur les sociétés de 2 points à 21%. Lisbonne en attend un rebond de la croissance à 1,5%, après 0,8% cette année.
Des prévisions mises à mal par Bruxelles qui prévoit une croissance de 1,3% et un déficit public à 3,3% du PIB l’an prochain, ainsi qu’une croissance de 0,2% plus faible qu’attendu au troisième trimestre 2014. «Des tensions pourraient ressurgir compte tenu du conservatisme de la Cour constitutionnelle et à l’approche d’élections législatives en 2015» qui pourraient remettre en cause certaines dispositions de consolidation budgétaire, ajoute le Crédit Agricole.
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