Le Portugal s’efforce de rester impassible face à un avenir incertain
Le gouvernement rejette l’idée d’un deuxième plan de sauvetage et s’en tient à ses objectifs malgré la dégradation de la conjoncture
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Antoine Duroyon
Malgré la relative détente des rendements de ses obligations à 10 ans (-91 pb à 16,49% hier en fin d’après-midi), le Portugal marche sur des œufs. Lisbonne s’efforce de transmettre aux investisseurs le sentiment qu’il n’emprunte pas une trajectoire similaire à celle de la Grèce. «Le pays ne demande ni davantage de temps ni davantage d’argent», a martelé le Premier ministre Pedro Passos Coehlo. Pour appuyer sa démonstration, le gouvernement souligne le travail déjà accompli.
Le FMI a conclu au terme de sa deuxième revue d’inspection que le programme portugais avait «pris un bon départ» et qu’il était «pour l’essentiel» sur les rails. Malgré un dérapage de l’exécution budgétaire en fin d’année, promptement suivi par des transferts de ressources et l’annonce de nouvelles mesures d’austérité, le gouvernement s’accroche à son objectif pour 2012: un déficit à 4,5% du PIB.
«Etant donné que le déficit budgétaire a atteint environ 8% du PIB en 2011 (sans le transfert exceptionnel provenant des caisses de retraite bancaires)…, il s’agira du resserrement budgétaire le plus élevé jamais rencontré (….)», souligne Ricardo Santos, chez BNP Paribas.
Mais la position officielle pourrait changer. Selon un document interne cité par la presse, le gouvernement envisage de relever son objectif de déficit à 5,4% du PIB, essentiellement pour prendre en compte le paiement d’arriérés pour les hôpitaux publics. Les dernières données sur la confiance des consommateurs (-57,1 en janvier après -56,8 décembre) et le climat économique (-4,7 le mois dernier après -4,4 en décembre) viennent confirmer cette tendance à la dégradation.
Bien qu’ils anticipent une contraction du PIB de 4,7% cette année, largement supérieure aux prévisions officielles (-3% pour le gouvernement et le FMI), les économistes de Morgan Stanley ne perçoivent toutefois que le besoin de mesures additionnelles marginales (autour de 0,3% du PIB). «L’élasticité des revenus prise en compte par le gouvernement dans son budget est plutôt conservatrice», écrivent-ils dans une note.
Pour se rassurer sur son sort, le gouvernement peut également compter sur une pression obligataire plus clémente que pour la Grèce. Selon l’agence de la dette IGCP, le pays doit faire face à seulement 10,1 milliards d’euros de tombées obligataires en juin, une échéance déjà financée par le plan d’aide et trois fois inférieure aux engagements de la Grèce.
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