Le Portugal renfloue ses banques grâce à l’aide internationale

Caixa Geral, BCP et BPI recevront au total 6,65 milliards d’euros, dont 5 milliards à travers les mécanismes du plan d’aide UE-FMI
Alexandre Garabedian

Trois des quatre premières banques portugaises sollicitent le contribuable. Le Portugal a annoncé hier qu’il allait injecter un total de 6,65 milliards d’euros de capital dans trois établissements, pour leur permettre de respecter d’ici à fin juin les exigences de solvabilité de l’Autorité bancaire européenne (EBA).

La banque publique Caixa Geral de Depositos (CGD) recevra 1,65 milliard. BCP, première banque privée du pays, touchera 3,5 milliards. L’Etat s’est engagé à souscrire pour 3 milliards d’euros d’obligations hybrides, convertibles sous certaines conditions, et remboursables d’ici cinq ans. Eligibles au calcul du ratio core tier one, ces titres verseront un coupon de 8,5%. BCP procédera par ailleurs à une augmentation de capital de 500 millions, garantie par l’Etat, à 4 centimes par action. La même méthode a été retenue pour BPI: 1,3 milliard d’euros apportés sous forme de titres hybrides, et 200 millions par un appel au marché actions.

Ces deux annonces ont été diversement accueillies par les marchés. Le titre BCP a perdu 4% à 9,6 centimes tandis que celui de BPI gagnait 5,77% à 40 centimes. La taille des augmentations de capital a été jugée supérieure aux attentes dans le premier cas, et inférieure dans le second. Les actionnaires peuvent de toute façon s’attendre à des dilutions massives. La capitalisation boursière de BCP dépasse tout juste les 700 millions d’euros, et celle de BPI n’atteint pas 400 millions.

Ces injections de fonds étaient attendues, la Banque du Portugal en ayant souligné la nécessité il y a une semaine encore. La somme sera prélevée à hauteur de 5 milliards sur la facilité de restructuration du secteur bancaire de 12 milliards qui fait elle-même partie du plan d’aide de 78 milliards accordé au pays en mai 2011 par l’Union européenne et le FMI. Le soutien à CGD, pas autorisée à recourir à cette ligne en tant qu’institution publique, a été budgétée à hauteur d’un milliard d’euros en avril dans une loi de finances rectificative.

Le Portugal respecte donc les objectifs qui lui ont été fixés par l’UE, le FMI et la BCE, a indiqué hier la troïka. Et notamment celui d’un déficit de 4,5% du PIB cette année, malgré une contraction de 3% du produit intérieur brut. Une croissance symbolique (0,3%) est prévue en 2013. Le pays pourra ainsi toucher une nouvelle tranche d’aide de 4,1 millards début juillet.

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