Le Portugal lisse ses besoins en vue d’un retour complet sur les marchés
Le Trésor portugais va mener demain une offre de rachat sur deux souches de maturité 2014 et 2015. Le plan d’aide internationale se termine en juin
Publié le
Alexandre Garabedian
Lisbonne continue à se préparer à un retour complet sur les marchés. Le Trésor portugais va mener demain une offre de rachat sur deux souches de maturité octobre 2014 (coupon 3,6%) et octobre 2015 (3,35%). L’encours de ces deux lignes atteint respectivement 6,2 milliards et 9,25 milliards d’euros, mais le montant du rachat devrait être bien inférieur: autour de 1 à 1,5 milliard d’euros, selon la recherche taux d’UniCredit.
«Le but de l’opération est de gérer une sortie sans encombre du programme d’aide du FMI et de l’Union européenne, et de diminuer les besoins de financement de 2015, que nous estimons à 14,5 milliards d’euros et qui devront être couverts entièrement par le marché, souligne Chiara Cremonesi, chez UniCredit. La décision de procéder à un rachat montre que le Trésor juge confortable sa position de liquidité». Celle-ci est évaluée aux alentours de 14 à 15 milliards par la banque italienne, mais sera sollicitée dans les mois à venir.
Sous programme d’aide internationale jusqu’en juin 2014, le pays est censé retrouver une indépendance complète ensuite. Il décidera en avril de demander ou pas une ligne de crédit de précaution du Mécanisme européen de stabilité, qui serait, comme l’aide UE-FMI, assortie de conditions. «Un programme de précaution ferait plus de sens en termes économiques compte tenu du moindre coût de financement qui y est associé et des besoins élevés du pays dans les prochaines années, estiment les économistes de Citigroup. Mais accepter de nouvelles conditions devient de plus en plus difficile sur le plan politique alors que les rendements de la dette baissent et que l’accès au marché a été bon ces derniers mois».
En 2014, les rendements portugais à 10 ans ont connu le plus fort rally des dettes des pays dits périphériques avec un recul de 106 pb, à 4,83% hier. Lisbonne a levé avec succès 3,25 milliards d’euros à 5 ans en janvier puis 3 milliards à 10 ans début février. Cela ne suffit pas encore à caractériser un retour complet sur les marchés: le Trésor portugais n’est pas actif sur tous les points de la courbe, doit recourir à des banques pour syndiquer ses emprunts, et reste protégé aux yeux des investisseurs par le soutien de ses bailleurs de fonds.
«Pour abaisser les tombées en 2015 et les besoins de financement au deuxième semestre 2014, la meilleure solution serait un nouvel échange de dette», ajoute Chiara Cremonesi, comme le pays l’a fait en décembre.
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