Le Portugal hésite à demander une ligne de précaution aux Européens
Lisbonne réfléchit toujours à demander à ses partenaires européens un filet de sécurité pour revenir sereinement sur les marchés financiers alors que son programme d’aide aura pris fin en juin prochain et que des mesures d’ajustement budgétaires ont été retoquées par les juges.
«Il y a des raisons de croire que le Portugal n’aura pas besoin d’un second plan de sauvetage», a expliqué le président, Anibal Cavaco Silva, lors de ses vœux de bonne année. Au printemps 2011, les Européens et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé une enveloppe d’aide de 78 milliards d’euros à Lisbonne. A l’issue de son programme d’aide, le pays pourrait recourir à une ligne de crédit de précaution accordée par le Mécanisme européen de stabilité. «Un programme de précaution est une réalité différente», a fait valoir le chef de l’Etat, dont les pouvoirs sont limités par la constitution. «Nous pourrons compter sur nos partenaires européens», a-t-il ajouté.
En décembre, le patron de l’agence de la dette portugaise a assuré que son pays retournerait sur les marchés dès le début de 2014 pour satisfaire quelque 7 milliards d’euros de besoins de financement cette année. Le Portugal a d’ores et déjà réduit ses besoins de financement et testé les marchés avec succès il y a un mois en échangeant de la dette arrivant à maturité en 2014 et 2015 contre des titres arrivant à échéance près de trois ans plus tard.
Hier, les taux portugais à dix ans s'élevaient à 5,7%, en baisse de près de 11 points de base. Ils avaient atteint leur plus bas niveau depuis l’obtention du plan de sauvetage, en mai dernier, à 5,163%. Le Portugal, dont la dette devrait frôler les 128% du PIB cette année s’est engagé à ramener son déficit public de 5,5% à la fin de 2013 à 4% du PIB à la fin de 2014. Cet objectif a été cependant remis en cause à la fin du mois dernier lorsque la Cour constitutionnelle a jugé que le gouvernement ne pouvait pas abaisser les salaires des fonctionnaires de 10%. La mesure devait rapporter 728 millions d’euros au pays.
Même si le président n’a pas exprimé le souhait que d’autres mesures du budget 2014 soient examinées par la Cour constitutionnelle, les analystes de Citi estiment qu’«il y a toujours de grandes chances que les partis d’opposition renvoient certaines mesures budgétaires clés devant la Cour constitutionnelle» Or, «une décision contre les coupes dans les dépenses pourrait menacer la capacité du Portugal à retrouver les marchés avant la fin du programme d’aide».
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors. -
Acadian Asset Management muscle ses effectifs en Asie
La société de gestion systématique poursuit son expansion régionale avec trois nominations à Singapour. -
Nvidia multiplie les initiatives pour étendre son hégémonie aux différents marchés de l'IA
Le géant des puces investit et noue des partenariats afin de se rendre incontournable au sein de l'écosystème de l'intelligence artificielle. -
Le yen reste sous pression
Retrouvez comme chaque semaine le tour d'horizon du marché des changes par DeftHedge.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Le Crédit Agricole lance son stablecoin en euro
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger