Le Portugal et l’Irlande bénéficieront du nouveau plan de la BCE
Les gouvernements portugais et irlandais peuvent remercier Mario Draghi. Depuis que le président de la Banque centrale européenne (BCE) a évoqué son programme d’intervention sur la dette souveraine (outright monetary transactions ou OMT), les coûts de financement des deux pays ont nettement baissé.
L’Irlande pourrait en effet bénéficier d’une intervention de l’institution de Francfort. Celle-ci a précisé que l’OMT serait envisageable «pour les Etats membres actuellement soumis à un programme d’ajustement économique pourvu qu’ils soient en train de regagner l’accès au marché». Appliquant un plan d’austérité depuis son sauvetage en novembre 2010, l’Irlande a fait son retour sur les marchés fin juillet. Elle a alors émis des titres à 5 ans et 8 ans à 5,9 et 6,1%.
Les rendements des obligations d’Etat ont encore baissé cet été, à la faveur des annonces des banquiers centraux. Vendredi, les taux à 10 ans irlandais, étaient à 5,4%. Mais pour Caroline Newhouse, économiste chez BNP Paribas, ils restent élevés: «ce n’est pas franchement tenable». Dans ce contexte, «bénéficier de l’OMT serait très intéressant pour le pays. Il pourrait ainsi facilement faire rouler sa dette à court terme».
Le Portugal prévoit quant à lui de retourner sur les marchés l’an prochain et doit faire face à une échéance obligataire de 9,7 milliards d’euros en septembre 2013. Les taux à 10 ans du pays étaient tombés à 7,8% vendredi. Pour l’économiste de JPMorgan, Malcolm Barr, une intervention de la BCE serait vite efficace. «Le marché portugais de la dette de court terme est relativement petit – quelque 24 milliards d’euros de dette conventionnelle de 1 à 3 ans ne sont pas dans les mains de la BCE – en conséquence, des volumes d’achats plutôt limités auraient un gros impact sur les rendements», juge-t-il.
La Troïka (CE, BCE, FMI) est en train de passer en revue les efforts réalisés par le Portugal dans le cadre de son plan de sauvetage. Selon les économistes de Credit Suisse, «la performance du Portugal est impressionnante au regard de ses liens économiques très fort avec son voisin espagnol». L’activité ne s’est contractée que de 0,1% au premier trimestre. Au second, elle a reculé de 1,2% sur trois mois.
Cependant, Credit Suisse estime que le déficit budgétaire pourrait terminer à 5,3% du PIB au lieu des 4,5% visés. A leurs yeux un retour sur les marchés en 2013 reste donc incertain mais il n’est pas «trop improbable notamment grâce à l’action potentielle de la BCE pour les autres pays de la zone euro».
En ce qui concerne l’Italie, le chef du gouvernement Mario Monti a laissé entendre hier qu’il n’accepterait pas de conditions supplémentaires en cas de nécessité d’un coup de pouce de la BCE.
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