Le plus probable est que la BCE va introduire des «minutes»
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Sylvain Broyer, Natixis
De nombreux membres du conseil de la BCE se sont exprimés ces derniers jours, rappelant aux marchés que toutes les options de politique monétaire - du QE aux taux négatifs - restent possibles. Cette multiplication des interventions verbales est justifiée par un contexte où le cours de l’euro est au plus haut depuis deux ans et où les taux Euribor avaient sensiblement augmenté la semaine dernière. Faut-il voir dans ces interventions répétées de la BCE les prémices d’un changement de la politique monétaire la semaine prochaine ?
A défaut d’un choc externe sur l’économie européenne (crise émergente, Ukraine/Russie…) et en vertu de son comportement depuis le début de son mandat, il faudrait désormais que l’euro s’apprécie encore de 10 centimes (1,46-1,48 dollar), que le taux de chômage européen augmente de 0,3 point ou que l’inflation ne rebondisse pas comme prévu de 0,7% à 1,0% en avril prochain (sur un effet de base), pour que la BCE se décide à baisser une nouvelle fois les taux.
Le mouvement le plus probable à court terme est l’introduction de «minutes». L’abandon de la stérilisation du SMP, attendue par certains, est de faible utilité, vu l’adjudication illimitée des opérations de refinancement, qui peut toujours être prolongée. Et la BCE n’est pas réputée pour prendre des mesures inutiles. Quant à l’éventualité d’un programme d’assouplissement quantitatif, elle est très faible. Un QE pose non seulement d’énormes difficultés techniques à la BCE (acheter quoi, et à quel prix?), mais serait contre-productif pour asseoir sa crédibilité comme superviseur bancaire, tant qu’elle mène sa revue des bilans et les stress tests. L’introduction du concept de «slack» (l’output gap d’une règle de Taylor) dans le compte-rendu des décisions de politique monétaire est une excellente idée, puisqu’elle permet autant de renforcer sa forward guidance (s’il augmente) que de préparer la sortie (s’il se referme). Il faut peut-être se faire à l’idée que, à moins d’un choc, la BCE en a fini avec ce cycle monétaire.
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