Le plus probable est que la BCE va introduire des «minutes»
De nombreux membres du conseil de la BCE se sont exprimés ces derniers jours, rappelant aux marchés que toutes les options de politique monétaire - du QE aux taux négatifs - restent possibles. Cette multiplication des interventions verbales est justifiée par un contexte où le cours de l’euro est au plus haut depuis deux ans et où les taux Euribor avaient sensiblement augmenté la semaine dernière. Faut-il voir dans ces interventions répétées de la BCE les prémices d’un changement de la politique monétaire la semaine prochaine ?
A défaut d’un choc externe sur l’économie européenne (crise émergente, Ukraine/Russie…) et en vertu de son comportement depuis le début de son mandat, il faudrait désormais que l’euro s’apprécie encore de 10 centimes (1,46-1,48 dollar), que le taux de chômage européen augmente de 0,3 point ou que l’inflation ne rebondisse pas comme prévu de 0,7% à 1,0% en avril prochain (sur un effet de base), pour que la BCE se décide à baisser une nouvelle fois les taux.
Le mouvement le plus probable à court terme est l’introduction de «minutes». L’abandon de la stérilisation du SMP, attendue par certains, est de faible utilité, vu l’adjudication illimitée des opérations de refinancement, qui peut toujours être prolongée. Et la BCE n’est pas réputée pour prendre des mesures inutiles. Quant à l’éventualité d’un programme d’assouplissement quantitatif, elle est très faible. Un QE pose non seulement d’énormes difficultés techniques à la BCE (acheter quoi, et à quel prix?), mais serait contre-productif pour asseoir sa crédibilité comme superviseur bancaire, tant qu’elle mène sa revue des bilans et les stress tests. L’introduction du concept de «slack» (l’output gap d’une règle de Taylor) dans le compte-rendu des décisions de politique monétaire est une excellente idée, puisqu’elle permet autant de renforcer sa forward guidance (s’il augmente) que de préparer la sortie (s’il se referme). Il faut peut-être se faire à l’idée que, à moins d’un choc, la BCE en a fini avec ce cycle monétaire.
{"title":"","image":"80848»,"legend":"BCE : taux de refi et fonction de r\u00e9action»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Spirit Airlines a fini par succomber à la hausse du prix du kérosène
L’échec d’un ultime plan de sauvetage proposé par l’administration Trump a entraîné la cessation immédiate et définitive des activités de la compagnie américaine à bas coût. -
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année. -
Les investisseurs en crédit se montrent prudents mais confiants
Les sociétés de gestion du panel crédit de L’Agefi restent majoritairement dans la neutralité quant à leur exposition au crédit et aux perspectives à un mois. Une douzaine d’entre elles optent toutefois pour la surpondération sur cette classe d’actifs. -
La BCE donne rendez-vous pour une hausse de taux en juin
Alors que les marchés font déjà une large partie du travail de durcissement des conditions financières en anticipant trois hausses de taux cette année, la présidente Christine Lagarde a insisté sur la nécessité d’une "fonction de réaction" de la BCE face à l’inflation. Elle a seulement évité d’ajouter «quelle que soit la suite».
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- Finaltis reprend Kirao AM
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
MultirécidivistePrésidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon à l’assaut du second tour, pour la quatrième fois
Dimanche, au 20 heures de TF1, Jean-Luc Mélenchon devait officialiser sa quatrième candidature à la présidentielle. Un départ anticipé, devenu sa marque de fabrique, avec en ligne de mire ce duel de second tour, sans cesse prophétisé mais jamais concrétisé, face au RN -
Matignon, on a un problèmeCroissance nulle : le crash budgétaire menace
Avant même l'impact de la guerre au Moyen-Orient, la croissance a calé au premier trimestre. La (mauvaise) nouvelle a surpris Bercy. Les hypothèses du gouvernement sont déjà hors d'atteinte. La pression monte sur le Premier ministre -
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française