Le plan stratégique 2008-2012 de la CNP jugé trop ambitieux
« Ambitieux », mais « réaliste » : CNP essaie de recommander son plan stratégique 2008-2012, qui prévoit un « quasi-doublement » du résultat brut d’exploitation et un « doublement » de la valeur des affaires nouvelles, l’assureur n’ayant par ailleurs pas encore publié les chiffres 2007 permettant d’apprécier ces objectifs. CNP est plus précis sur les moyens pour arriver à ses fins. Ainsi, il prévoit un maintien de sa part sur le marché français de l’assurance de personnes (environ 20 %) et une progression de sa rentabilité par « l’amélioration du mix-produit vers les secteurs à meilleure marge ». L’assurance-vie en unités de compte est parmi ces produits, mais, remarque Nicolas Schwartzmann, analyste Exane BNP Paribas, « je vois mal comment CNP arriverait à en vendre davantage à sa clientèle, qui préfère ne pas prendre de risques, surtout dans le contexte actuel de marchés boursiers en forte baisse et d’un taux de Livret A à 3,5 % ».
Plus que sur son marché domestique, l’assureur lié à la Banque Postale et aux Caisses d’Epargne compte sur l’international. A part une « forte croissance organique des filiales étrangères grâce à leur surperformance sur des marchés dynamiques », CNP prévoit un « doublement du montant » des opérations de croissance externe en Amérique du sud, en Europe du Sud et dans le bassin méditerranéen (estimées jusqu’ici par le marché à 1 milliard d’euros) pour atteindre, « en fin de période, un tiers du chiffre d’affaires à l’international (contre 15,2 % à neuf mois 2007, ndlr.) ». « Tous les grands acteurs aimeraient faire des acquisitions dans les zones indiquées. Ces derniers ne disposent pas seulement de moyens financiers supérieurs pour s’offrir des cibles de plus en plus rares et chères, mais aussi de synergies ayant pour certains déjà établi une présence dans ces régions », observe Nicolas Schwartzmann. D’après lui, « CNP devra obtenir entre 5 et 9 milliards d’euros de primes supplémentaires via des acquisitions » pour atteindre ses objectifs.
Ralph Hedgen, de Keefe, Bruyette & Woods, estime « que CNP dispose d’une capacité d’émission de dette supplémentaire d’environ trois milliards d’euros. Le groupe pourrait bien devoir dépenser un montant de cette ordre pour atteindre ses objectifs de croissance ». Et Nicolas Schwartzmann d’ajouter que « les actionnaires majoritaires ayant validé ce plan offensif, CNP passe du statut de proie supposée à celui de prédateur ».
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