Le plan grec reste perçu comme une solution de court terme
Plusieurs observateurs s’attendaient à un rally sur la partie courte de la courbe des taux grecs, après l’accord trouvé ce week-end sur un plan de soutien de 110 milliards d’euros sur trois ans émanant du FMI et de l’Union européenne (UE). Ils avaient vu juste. Les rendements à deux ans se sont repliés de 270 points de base hier, à 9,92%, soit leurs niveaux du 22 avril. A moins d’un vote contraire au sein des parlements nationaux (le volet français du plan de soutien à la Grèce a passé l'étape du vote à l’Assemblée nationale), «les investisseurs sur les maturités 2010 et même 2011 sont sûrs d‘être remboursés, estime Ciaran O’Hagan, stratégiste taux chez SG CIB. Il reste un gros potentiel de rétrécissement dans les prochaines semaines».
Pour le reste, les réactions oscillent entre scepticisme et craintes. La détente a été plus limitée sur les taux grecs à 5 ans et 10 ans (23 et 44 pb). La thérapie de choc imposée à la Grèce comporte un risque d’exécution élevé, et même si le pays s’est assuré un financement jusqu’en 2012, la question d’une restructuration ou d’un rééchelonnement de la dette se pose toujours dans l’esprit des investisseurs.
«En ce qui concerne les maturités les plus longues, les problèmes de solvabilité demeurent. Nous sommes positifs sur les échéances de court terme (inférieures à 3 ans) de la dette souveraine et négatifs sur les échéances de long terme», soulignait hier la recherche crédit de Tullett Prebon. Un autre point est susceptible de refroidir pour longtemps les porteurs d’emprunts d’Etat grecs: ces derniers deviennent de facto subordonnés au remboursement des fonds avancés par l’UE et le FMI.
Les autres Etats périphériques restent aussi dans le viseur des marchés. A l’exception d’une légère détente sur les taux portugais à 2 ans et 5 ans (21 pb et 12pb), qui demeurent à des niveaux élevés, le statu quo a prévalu. Un facteur technique peut servir d’explication: les investisseurs soucieux d’alléger leurs portefeuilles de dette souveraine périphériques pourraient être tentés de conserver leurs titres grecs (au moins à court terme) au détriment de l’Espagne et du Portugal.
Surtout, «de nombreux investisseurs doutent que le plan d’aide représente une solution pérenne aux problèmes d’endettement et de déficit de la zone euro», juge David Bloom, stratégiste change chez HSBC. Que la Grèce soit qualifiée de «cas à part» n’y change rien. L’euro/dollar est d’ailleurs retombé sous les 1,32 hier après-midi.
Plus d'articles du même thème
-
EasyJet entrouvre la porte à Castlelake
Le fonds américain voit rejetée sa 4e offre, portée à 4,93 milliards de livres, sur le groupe de transport aérien. Mais il va pouvoir accéder à une partie des comptes. -
Les fonds de pension allemands soutiennent le projet de retraite par capitalisation
L'association allemande des fonds de pension appuie, mais de façon conditionnelle, la commission retraites gouvernementale qui veut généraliser la complémentaire professionnelle pour viser 70 % de remplacement net. -
La confiance des ménages se redresse en juin
L'indicateur synthétique de confiance des ménages est ressorti à 84 en juin, contre 82 en mai. En revanche, la remontée du chômage inquiète. -
Goldman Sachs Private Wealth Management crée une direction régionale pour l'Europe
L'activité de gestion de fortune de la Banque nomme un trio composé de Jean-Baptiste-Douin, le dirigeant pour la France, Nadine Urseanu, la dirigeante pour l'Allemagne, et Alberto Cirillo, le dirigeant pour l'Italie. -
Gimv entre en négociations pour acquérir Cap Vert auprès d’Ambienta
Cap Vert est une société française spécialisée dans l'aménagement paysager d'espaces verts. Aucun montant n'a été divulgué. -
Le fonds de pension de BT perd 300 millions de livres dans Thames Water
Le BT Pension Scheme, régime de retraite britannique à prestations définies en phase d'extinction avec 31 milliards de livres d'actifs sous gestion, a confirmé le 22 juin une perte liée à son investissement dans le gestionnaire de réseaux d'eau en difficulté.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
Contenu de nos partenaires
-
EDITONaviguer dans un monde sans repères : jeunesse et progrès au cœur des Rencontres économiques 2026
Dans un contexte global plus incertain que jamais, Aix-en-Provence sera au coeur du débat économique et social pendant les trois jours de ses Rencontres économiques, qui ouvrent dans une semaine tout juste -
La dette publique de la France dépasse désormais les 3 500 milliards d’euros
La dette publique française a augmenté de plus de 75 milliards d’euros au 1er trimestre 2026, selon l’Insee. Elle atteint désormais les 117,5 % du PIB. Soit presque autant qu’après le Covid-19 -
Le directeur de campagne de Raphaël Glucksmann quitte ses fonctions
Selon une cadre du parti interrogée par Le Monde, Aurélien Rousseau quitte la campagne de Raphaël Glucksmann en raison de problèmes de santé. L’intéressé, chef d’orchestre du meeting d’Aubervilliers, évoque « une décision difficile »