Le plan grec reste perçu comme une solution de court terme
La faible détente des rendements sur la partie longue de la courbe et les autres Etats périphériques témoigne du scepticisme des investisseurs
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Alexandre Garabedian
Plusieurs observateurs s’attendaient à un rally sur la partie courte de la courbe des taux grecs, après l’accord trouvé ce week-end sur un plan de soutien de 110 milliards d’euros sur trois ans émanant du FMI et de l’Union européenne (UE). Ils avaient vu juste. Les rendements à deux ans se sont repliés de 270 points de base hier, à 9,92%, soit leurs niveaux du 22 avril. A moins d’un vote contraire au sein des parlements nationaux (le volet français du plan de soutien à la Grèce a passé l'étape du vote à l’Assemblée nationale), «les investisseurs sur les maturités 2010 et même 2011 sont sûrs d‘être remboursés, estime Ciaran O’Hagan, stratégiste taux chez SG CIB. Il reste un gros potentiel de rétrécissement dans les prochaines semaines».
Pour le reste, les réactions oscillent entre scepticisme et craintes. La détente a été plus limitée sur les taux grecs à 5 ans et 10 ans (23 et 44 pb). La thérapie de choc imposée à la Grèce comporte un risque d’exécution élevé, et même si le pays s’est assuré un financement jusqu’en 2012, la question d’une restructuration ou d’un rééchelonnement de la dette se pose toujours dans l’esprit des investisseurs.
«En ce qui concerne les maturités les plus longues, les problèmes de solvabilité demeurent. Nous sommes positifs sur les échéances de court terme (inférieures à 3 ans) de la dette souveraine et négatifs sur les échéances de long terme», soulignait hier la recherche crédit de Tullett Prebon. Un autre point est susceptible de refroidir pour longtemps les porteurs d’emprunts d’Etat grecs: ces derniers deviennent de facto subordonnés au remboursement des fonds avancés par l’UE et le FMI.
Les autres Etats périphériques restent aussi dans le viseur des marchés. A l’exception d’une légère détente sur les taux portugais à 2 ans et 5 ans (21 pb et 12pb), qui demeurent à des niveaux élevés, le statu quo a prévalu. Un facteur technique peut servir d’explication: les investisseurs soucieux d’alléger leurs portefeuilles de dette souveraine périphériques pourraient être tentés de conserver leurs titres grecs (au moins à court terme) au détriment de l’Espagne et du Portugal.
Surtout, «de nombreux investisseurs doutent que le plan d’aide représente une solution pérenne aux problèmes d’endettement et de déficit de la zone euro», juge David Bloom, stratégiste change chez HSBC. Que la Grèce soit qualifiée de «cas à part» n’y change rien. L’euro/dollar est d’ailleurs retombé sous les 1,32 hier après-midi.
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