Le plan du Nasdaq pour indemniser les investisseurs de Facebook hérisse ses concurrents
Le plan d’indemnisation de quelque 40 millions de dollars proposé par Nasdaq aux investisseurs lésés lors de l’introduction en Bourse de Facebook déçoit les principaux intéressés et inquiète ses concurrents. Alors que l’autorité de régulation des marchés américains, la Securities and Exchange Commission doit encore approuver ledit plan, Nyse Euronext a déclaré dans un communiqué qu’il «serait injuste et nuisible à la concurrence».
Selon la Bourse transatlantique, «cette tactique pourrait potentiellement détourner des flux d’ordres vers le Nasdaq» et lui permettre de gagner des parts de marché. Le patron du Nasdaq, Bob Greifeld, a souligné qu’il s’agissait d’un cas unique. Mais la tension entre les deux opérateurs ne risque pas de retomber : Kraft Foods vient d’annoncer son intention de se délister de Nyse Euronext et de passer sur le Nasdaq, notamment pour des questions de coûts. Texas Instruments avait fait la même démarche à l’hiver dernier.
La semaine dernière, la Bourse des valeurs technologiques a proposé d’indemniser ses clients à hauteur de 13,7 millions de dollars en cash. Les quelque 27 millions de dollars restants seraient distribués sous forme de réduction des frais de courtage. Les investisseurs éligibles sont ceux dont l’ordre de vente à 42 dollars ou moins a été exécuté à un prix inférieur au coût demandé ou n’a carrément pas été exécuté, ou ceux qui ont passé un ordre à l’achat à 42 dollars qui a bien été exécuté mais qui n’a pas été confirmé.
«Il y a un horrible conflit d’intérêts pour les courtiers qui doivent décider si le Nasdaq les satisfait pour la qualité de ses services ou s’ils sont motivés par des réductions de prix», a également dénoncé le patron de la plate-forme de trading Direct Edge, William O’Brien. Mark Hemsley, le patron de Bats Chi-X Europe, qui a dû renoncer à sa propre introduction pour des problèmes techniques, s’est aussi dit sceptique.
Les concurrents du Nasdaq ne sont pas les seuls à protester. Pour des raisons bien différentes, Thomas Joyce, le dirigeant du teneur de marché, Knight Capital, a assuré que le plan du Nasdaq était «au mieux décevant» et que la Bourse des valeurs technologiques devait revenir avec «quelque chose de plus raisonnable». La société affirme qu’elle a perdu entre 30 et 35 millions de dollars lors de l’introduction de Facebook. Depuis le 18 mai, le titre a perdu plus de 28% à près 27 dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Wall Street se prépare à accueillir ses nouvelles stars
SpaceX a déposé mercredi 20 mai son prospectus de cotation auprès du régulateur américain. Celui d'OpenAI est imminent, en attendant le projet d'Anthropic. Ces trois entreprises devront susciter l’intérêt des investisseurs avec des opérations presque simultanées, pour peu que l'engouement ne retombe pas. -
Le régulateur financier demande des moyens à la hauteur des défis qui l’attendent
François Villeroy de Galhau, gouverneur sortant de la Banque de France, a profité du traditionnel rapport annuel de l’Autorité de contrôle pour dresser le bilan d’une décennie de régulation et surtout formuler ses vœux pour l’avenir de la supervision bancaire et assurantielle. -
Le marché high yield ne connaît pas la crise
Les émetteurs haut rendement ont afflué ces dernières semaines sur le marché primaire, soutenus par la forte demande pour le rendement. Certains craignent néanmoins une trop grande complaisance. -
L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe. -
Vinfast a décidé de transformer son modèle économique
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques. -
La banque centrale indienne intervient pour soutenir la roupie
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Serrer les dentsAides carburant et économies : jusqu'où Lecornu peut-il tenir ?
Maintenant qu'il a repoussé la sortie de crise au-delà de l'été, au mieux, le Premier ministre s'engage dans une course de fond sans moyen financier, diminué par le faible nombre d'alliés et plombé par le contexte économique -
Ligne de crêteSébastien Lecornu entre volonté de soutenir l'activité et refus du « quoi qu'il en coûte »
En annonçant l'élargissement des aides pour une période de trois mois supplémentaires, Sébastien Lecornu a promis qu'il ne proposerait aucune augmentation d'impôt dans son projet de budget 2027 -
PénuriesLFI et le RN votent ensemble pour priver la France de riz, de chocolat, de fruits et de légumes
Mercredi en séance publique, les députés des deux extrêmes ont voté conjointement un amendement à la loi agricole pour interdire toute importation de produits ayant utilisé un phytosanitaire non homologué en France. Ce qui peut priver notre pays d'une partie de sa nourriture