Le plan d’investissement Juncker doit convaincre de sa crédibilité
Le plan d’investissement européen promis par le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est très attendu mais ses modalités de mise en œuvre restent encore floues. Le Luxembourgeois a promis de mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros d’investissement public et privé dans les trois prochaines années. Les fonds devraient notamment servir à financer des projets d’infrastructures en matière de haut débit, d’énergie et de transports. Ces projets sont censés favoriser la croissance et l’emploi dans un contexte économique morose.
La croissance dans la zone euro devrait être de 1,3% l’année prochaine après 0,8% cette année, selon le Fonds monétaire international. «Les Européens doivent avancer très rapidement. Le chômage élevé et l’inflation déclinante pourraient mettre le sujet d’une sortie de l’euro de nouveau sur la table l’année prochaine alors que de nombreuses élections vont intervenir», met en garde la recherche de RBS. «Des incertitudes pèsent sur les modalités de financement de ce plan, ainsi que sur son contenu effectif», a cependant souligné le ministre français des Finances et des comptes publics, Michel Sapin, lors d’une audition devant des sénateurs début novembre.
Jean-Claude Juncker a fait valoir qu’il pourrait être fait «un meilleur usage des fonds européens et des instruments financiers de l’Union, tels que la Banque Européenne d’Investissement (BEI)». A la fin de l’année 2012, les européens ont déjà décidé d’augmenter le capital de la BEI de 10 milliards d’euros pour permettre à l’institution d’accorder quelque 60 milliards d’euros de prêts supplémentaires sur trois ans. Alors que l’institution se félicite aujourd’hui d’être notée AAA par les agences, le gouvernement français plaide pour la création d’un fonds qui prendrait plus de risques que ne le fait la BEI aujourd’hui. Selon le Financial Times, la Commission réfléchit à créer de nouveaux fonds d’investissement alimentés par le budget européen et la BEI. La Commission envisagerait que les fonds aient un effet de levier de 10, ce qui ne nécessiterait de mobiliser que 30 milliards d’euros. Ce niveau de levier est «élevé» et le montant de fonds qui seraient ainsi débloqués est «faible», selon RBS. A ses yeux, ce type de plan pourrait manquer de crédibilité.
Si le plan d’investissement promis pourrait «améliorer la confiance» et par ce biais «encourager les entreprises à accroître leur plan d’investissement», sa «mise en œuvre ne sera pas rapide», estime la recherche de Goldman Sachs.
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