Le pétrole de schiste américain tient la clé de l'évolution des prix
La majorité des champs ont un point mort d’exploitation compris entre 50 et 65 dollars, ce qui semble exclure une forte remontée des prix à moyen terme.
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Alexandre Garabedian
Les prix du pétrole ont chuté de 10% depuis début janvier, autour de 48 dollars pour le baril de WTI américain et 50 dollars pour le Brent de la mer du Nord. Alors que l’Arabie saoudite a décidé de maintenir sa production, l’évolution du cours de l’or noir à moyen terme dépendra de la réponse des producteurs américains. Mais même si certains d’entre eux ferment le robinet, le pétrole n’a guère de chances dans les mois qui viennent de retrouver le niveau des 100 dollars qui était le sien avant l’été, selon Lazard Frères Gestion.
La forte hausse de la production aux Etats-Unis depuis 2012, liée à la révolution du pétrole de schiste, a provoqué une surabondance de l’offre dont les marchés ont seulement pris conscience cet été. En refusant de réduire leur production, l’Arabie saoudite et les autres pays de l’Opep ont des motivations politiques – empêcher le retour de l’Iran sur le marché – mais aussi économiques: la baisse des cours, qui rendra non rentables un certain nombre de projets ou de champs pétroliers aux Etats-Unis et au Canada, mettra certaines compagnies au tapis. En toute logique, l’offre devrait donc se réduire à moyen terme et permettre une remontée des cours.
Reste que le point mort des producteurs américain est relativement bas. «La grande majorité des champs de pétrole de schiste aux Etats-Unis ont un breakeven inférieur à 65 dollars le baril de WTI. Cela rend une forte remontée des prix peu probable», signale Matthieu Grouès, directeur des gestions institutionnelles chez Lazard Frères Gestion. Selon la société de recherche IHS, «les puits existants peuvent rester rentables à des prix bien inférieurs au point mort des nouveaux projets».
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