Le pétrole continuera de monter à moyen terme malgré la décision de l’AIE
Les effets de la décision de l’Agence internationale de l'énergie n’ont pas tardé à se faire sentir. Depuis l’annonce du déblocage de 60 millions de barils en un mois, le brut de New York est passé de 95,4 à 91 dollars et le Brent de mer du Nord de 114 à 106 dollars. L’AIE agit ainsi pour la troisième fois sur le marché afin d’augmenter l’offre d’or noir. Mais c’est la première fois que l’agence intervient hors d’une véritable crise d’offre. La guerre en Irak en 1991 et l’ouragan Katrina en 2005 avaient déclenché les premiers déblocages dans les pays consommateurs de pétrole.
Cette fois-ci, le déblocage fait suite à l'échec de la réunion de l’Opep début juin. A cette occasion, les producteurs de pétrole ont décidé de ne pas augmenter leur production alors que le conflit en Libye a entraîné un arrêt de la production locale, de 1,5 million de barils par jour et que la demande devrait augmenter au second semestre. Jusqu’ici, l’AIE avait plutôt préféré négocier avec l’Opep pour obtenir une augmentation de l’offre.
A court terme, les effets sur les cours du pétrole sont incontestables. Les deux précédentes interventions s'étaient traduites par des baisses de 15 et 30 % des prix du brut de New York et du Brent de Mer du Nord en trois mois, rappelle Bank of America-Merrill Lynch.
Au-delà, les conséquences sont plus incertaines. Dans sa déclaration, l’AIE a laissé entendre qu’elle pourrait prolonger le déblocage si nécessaire. Or, les Etats devront ensuite reconstituer leurs stocks stratégiques, ce qui devrait se traduire par une remontée des cours. Par ailleurs, les producteurs de pétrole pourraient décider de limiter leur offre tant que l’AIE procède à ses déblocages. L’Arabie Saoudite réduirait ainsi ses volumes d’ici à fin 2011, anticipent les analystes matières premières de Barclays Capital.
Malgré ces risques d’une remontée à moyen terme du cours du pétrole, l’AIE a décidé d’agir pour calmer la spéculation sur le pétrole alors que les positions spéculatives à la hausse sur le marché à terme sont encore élevées. Elle a aussi cherché à ce que le prix de l’or noir n’empêche pas la faible reprise économique de se confirmer. Ces derniers mois, la hausse de 20 dollars des cours a pesé à hauteur de 250 milliards de dollars sur les consommateurs américains, européens et japonais, d’après BoA-ML. Elle a aussi fait disparaître 70 milliards de dollars de revenus disponibles chez les consommateurs chinois, indiens et brésiliens.
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