Le péril travailliste « travaille » les bourses
Après l’accord, place aux désaccords. Le compromis sur le Brexit que Theresa May a réussi à faire accepter de haute lutte à son cabinet s’est heurté jeudi à un tir de barrage nourri de la part du monde politique britannique, toutes tendances confondues. Et au fil des démissions en série, dont celle de Dominic Raab, le ministre en charge du Brexit, les investisseurs ont eux aussi choisi de sortir des actifs libellés en sterling.
Car en matière d’incertitude, voilà les marchés bien servis. La Première ministre britannique est menacée d’une motion de défiance, et la perspective d’un Brexit dur se renforce. Des élections anticipées auraient de grandes chances de porter au pouvoir le parti travailliste et son leader Jeremy Corbyn, très marqué à gauche pour les standards du pays. C’est à cette aune qu’il faut mesurer le recul particulièrement prononcé des valeurs bancaires britanniques ce jeudi à la Bourse de Londres. RBS a connu la baisse la plus marquée, avec un plongeon supérieur à 10% en séance. La banque, qui a été nationalisée pendant la crise financière par un autre travailliste, Gordon Brown, est dans le viseur de Jeremy Corbyn. Le leader du Labour estime que le groupe, dont le sauvetage a coûté 50 milliards de livres au contribuable, n’a pas vocation à être privatisé au fil de l’eau. D’autant qu’à chaque cession de titres sur le marché, le Royaume-Uni constate une moins-value. Pour le leader travailliste, mieux vaudrait transformer RBS en une vraie banque publique chargée de financer les PME et l’économie locale. Mais pour servir cette ambition, l’Etat devrait sans doute racheter les 38% du capital de RBS qu’il ne détient pas. Aux cours actuels, cela lui coûterait la bagatelle de 10 milliards de livres. Voilà une inconnue de plus dans une équation qui n’en manque et qui justifie aujourd’hui la défiance des investisseurs.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision. -
La perte abyssale de Volvo Cars le pousse à intensifier ses restructurations
Le constructeur suédois a lancé un nouveau plan d’économies de 5 milliards de couronnes, qui entraînera la perte de 2.500 emplois supplémentaires. -
« Nous gardons un biais positif sur les actions américaines »
Nicolas Laroche, Global Head of Advisory & Asset Allocation, UBP -
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.