Le patron de BlackRock s’en prend aux taux négatifs
Présent à Paris pour la conférence Sharing Experiences co-organisée par L’Agefi, Larry Fink a lié taux négatifs et montée des populismes. Il invite les gérants à donner de la voix.
Publié le
Patrick Aussannaire
Larry Fink, PDG de BlackRock, lors la conférence «Sharing Experiences» le 18 mai à Paris.
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Larry Fink met à l’index les effets de la politique monétaire ultra-accommodante menée par les banques centrales des pays développés. Lors de son intervention à la huitième édition de la conférence «Sharing Experiences» de BlackRock, organisée le 18 mai à Paris en partenariat avec L’Agefi, le président fondateur du premier gestionnaire d’actifs mondial a estimé que la faiblesse des taux d’intérêt qui prévaut depuis maintenant huit ans, et leur entrée récente en territoire négatif, «accroissent les divisions» au sein des sociétés occidentales.
Selon lui, «les gens ne pouvant pas avoir ce dont ils ont besoin pour leur retraite, ils épargnent davantage qu’ils n’auraient dû le faire». Le patron de BlackRock souligne que «les classes moyennes ont investi le gros de leur épargne dans des dépôts bancaires et des obligations», à 65% par exemple pour les ménages français, alors que «100% de leur épargne devrait être investie dans des actifs de long terme tels que les actions ou même des obligations en infrastructures.»
«Ces familles ont souffert» de l'érosion de leur épargne, estime-t-il. «Pour les familles plus aisées, qui peuvent investir dans les actions ou l’immobilier, la période a été bonne», relève en revanche le dirigeant américain. Et c’est donc ce qui alimenterait, selon Larry Fink, avec les bouleversements technologiques, la montée des populismes constatée récemment en Europe mais aussi aux Etats-Unis. Le dirigeant relaie ainsi les vives critiques formulées par Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, à l’encontre de la BCE, qu’il accuse avec ses taux de dépôts négatifs en zone euro de taxer les épargnants et d’alimenter le parti anti-européen AfD.
Dans ce contexte, Larry Fink a appelé ses confrères à donner de la voix. «Cette situation doit changer, et il nous revient, industrie de la gestion d’actifs, d’en parler, a-t-il souligné. Je n’entends pas cette voix, ni en France, ni au Royaume-Uni, ni nécessairement aux Etats-Unis. Au lieu d’entendre la voix des banquiers qui se préoccupent des taux courts, nous devons faire entendre la voix de nos clients, les retraités, les fonds de pension...». Un discours que le patron de BlackRock a aussi tenu mercredi à l’Elysée, où il s’est rendu.
Au passage, Larry Fink anticipe un mouvement de consolidation «massif» dans le secteur, le seul de l’industrie financière épargné depuis la crise financière de 2007.
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