Le patron de Bear Stearns, James Cayne, prépare sa sortie imminente

Le dirigeant cède selon le Wall Street Journal à la pression, souhaitant passer la main opérationnelle tout en conservant la présidence
Benoît Menou

L’hécatombe se poursuit au sein du cercle des dirigeants des grandes banques de Wall Street. A l’image de ses homologues Charles Prince à la tête de Citigroup, de Stanley O’Neal chez Merrill Lynch, ou d’ailleurs de Peter Wuffli chez UBS, le patron de Bear Stearns, James Cayne, s’est semble-t-il résigné à céder à la pression d’actionnaires mécontents, dans le sillage de la crise de confiance qui sévit actuellement. Il s’apprête à tirer sa révérence, après quatorze années passées à la direction générale de la banque d’investissement américaine.

Selon des indiscrétions relayées par le Wall Street Journal sur son site internet en effet, James Cayne aurait commencé hier à notifier aux membres du conseil d’administration de Bear Stearns son souhait d’abandonner le poste de CEO, tout en conservant celui de président de l’établissement. Alan Schwartz, haut cadre du groupe, pourrait bien reprendre en main les destinées de Bear Stearns.

Le titre de la banque d’investissement poursuit inexorablement sa chute à la Bourse de New York, signe d’un cruel manque de confiance en l’avenir de la part d’investisseurs auquel James Cayne entend faire un signe en concédant son départ des responsabilités opérationnelles. Hier encore, le titre a cédé 3,32 %, à 76,25 dollars. Il y a un an, il se négociait à plus de 170 dollars. Soit un repli de plus de 50 %, supérieur à celui des principales concurrentes.

Pour autant, cette initiative de James Cayne pourrait ne pas répondre aux interrogations des analystes quant à l’important manque à gagner du fait de la crise traversée par les titrisations de crédit hypothécaires et autres investissements liés au marché immobilier, dont Bear Stearns est un acteur de référence. La perte de 854 millions de dollars enregistrée au cours du trimestre écoulé, à fin novembre, était tout simplement la première dévoilée par le groupe. 30 % environ des revenus de Bear Stearns dans l’obligataire sont issus du crédit hypothécaire et d’instruments s’y rapportant, pour lesquels le groupe a annoncé une dépréciation d’actif de 1,9 milliard de dollars. des « résultats inacceptables » comme l’a avancé James Cayne le mois dernier.

La banque tout comme le principal intéressé se refusait dans la nuit à tout commentaire. Le Financial Times croit savoir que le conseil pourrait « prochainement » se réunir à ce sujet et qu’une annonce pourrait être faite dès aujourd’hui.

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