Le passage dans le rouge de M3 en zone euro inquiète peu
La baisse de 0,2 % en novembre du taux de croissance de la masse monétaire s’est faite dans un contexte de réallocations de portefeuilles
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Tân Le Quang
La croissance de la masse monétaire en novembre est passée en territoire négatif en Europe. Attendu en hausse de 0,4%, l’indicateur M3 a décru de 0,2% le mois dernier, après avoir progressé de 0,3% en octobre.
Ce repli a été nourri par un recul de 0,7% des crédits au secteur privé, déjà en repli de 0,8% le mois d’avant. Ce chiffre plus modéré qu’attendu (consensus à -1%) fait partie des points rassurants. De fait, en baisse de 17 milliards d’euros en octobre, les flux mensuels du crédit au secteur privé ont crû de 17 milliards d’euros. Les crédits aux ménages et aux entreprises non financières ont, eux, poursuivi leur embellie, progressant de 2,2% et 3,2%.
«Cette contraction de M3 est saine et reflète largement un mouvement de réallocation de portefeuille qui corrige celui observé à la fin 2008», note Deutsche Bank. M3 s’est contracté sur le mois de 58,7 milliards d’euros et les détentions de dettes à long terme par les institutions financières monétaires ont crû de 60 milliards. Pour JPMorgan, «M3 est tirée vers le bas par le secteur financier non bancaire, à savoir les compagnies d’assurance, les fonds de pension et autres intermédiaires financiers». La banque ajoute que les taux bas et l’appétit pour les marchés risqués ont favorisé les transferts d’épargne hors de M3.
Même s’il vient exacerber les craintes de déflation, le chiffre de M3, selon Deutsche Bank, «n’altèrera probablement pas l’évaluation de la BCE de la situation économique actuelle». Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a récemment expliqué que les déclins de M3 et des prêts au secteur privé soutenaient le constat d’une expansion monétaire modérée et de faibles pressions inflationnistes sur le moyen terme.
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