Le Parlement hellénique se résout à l’austérité pour décrocher le deuxième plan de soutien

Deux jours après le gouvernement, les parlementaires ont approuvé à leur tour des mesures d’austérité renforcées
Antoine Duroyon
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En prélude au vote du Conseil des Grecs, alors que des dizaines de milliers de manifestants laissaient éclater leur colère sur la place Syntagma, le ministre grec des Finances exposait le choix cornélien qui lui était soumis. «Nous devons montrer que les Grecs, lorsqu’ils sont appelés à choisir entre le mauvais et le pire, choisissent le mauvais pour éviter le pire», déclarait Evangelos Venizélos.

Le Parlement, où le gouvernement dispose d’une majorité confortable, s’est rangé à l’avis du gouvernement. Il a approuvé par 199 voix sur 300 les 3,3 milliards d’euros de mesures d’austérité qui devront être mises en oeuvre cette année en échange d’un deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d’euros concocté par le Fonds monétaire international et l’Union européenne.

Le Premier ministre Lucas Papadémos avait défendu samedi soir à la télévision ce tour de vis additionnel. «Les coûts sociaux liés à ces mesures sont contenus par rapport à la catastrophe économique et sociale qui suivra si nous ne les adoptons pas», affirmait-il. Le plan prévoit entre autres une réduction de 22% du salaire minimum, une diminution des retraites ou encore la suppression immédiate de 15.000 postes dans le fonction publique. Le gouvernement de coalition avait déjà donné son feu vert vendredi soir, malgré la défection de plusieurs ministres.

Au cours du week-end, le ministre allemand des Finances a de son côté maintenu la pression en estimant que la Grèce devait cesser d'être un «puits sans fond». «Les promesses de la Grèce ne sont plus suffisantes à nos yeux», a regretté Wolfgang Schäuble dans un entretien publié par le Welt am Sonntag, évoquant l’hypothèse d’une sortie de l’euro. Berlin estime que les projets actuels ne ramèneraient la dette grecque qu'à 136% du PIB en 2020, contre un objectif de 120% fixé dans le deuxième plan de renflouement.

Dans l’immédiat, le temps ne cesse de filer pour Athènes. Evangelos Venizélos a indiqué samedi que le pays avait jusqu’au 17 février pour soumettre son offre d'échange obligataire aux créanciers privés, que les parlementaires devaient valider ainsi qu’un schéma de recapitalisation des banques. L'échéance ultime est fixée au 20 mars avec une tombée obligataire de 14,5 milliards d’euros.

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