Le « Panel Taux » table sur une tension des taux longs américains et britanniques
Le Panel Taux Agefi du mois d’avril, réalisé auprès de 21 participants, table toujours sur une stabilité des taux directeurs des grands pays industrialisés d’ici à l’automne prochain. C’est du moins l’avis de la quasi-totalité de ses membres, compte tenu de la prudence dont ont fait preuve jusqu’ici les instituts d’émission de ces pays dans leur stratégie de sortie d’assouplissement quantitatif.
Faisant figure d’exceptions, Aurel BCG et Deutsche Bank sont tous deux d’accord sur une augmentation du taux refi de la BCE de 50 points de base (pb) à 1,50% d’ici fin septembre. Mais concernant le taux directeur britannique fixé à 0,50% actuellement, le premier prévoit une hausse de 50 pb à 3 mois et de 75 pb à 6 mois, tandis que Deutsche Bank anticipe un resserrement plus tardif et plus modéré de 25 pb à fin septembre. Barclays table pour sa part sur un resserrement monétaire de 50 pb à 6 mois. En ce qui concerne la Fed, c’est RBS qui se montre le plus agressif en tablant sur un taux des Fed funds de 1% à fin juin et 2% à fin septembre, contre une marge de fluctuation de 0-0,25% en vigueur actuellement. Quant aux taux directeurs japonais, seul Cholet Dupont anticipe une légère hausse de 20 pb à 0,3% au cours des trois prochains mois.
Concernant les taux longs, les anticipations d’une hausse des rendements américains et britanniques à l’horizon de 6 mois s’affirment davantage par rapport au mois précédent. Les prévisions moyennes du rendement des Treasuries à 10 ans ont en effet été revues en hausse de 14 bp à 4,13%, soit un potentiel de 22 bp par rapport au niveau de vendredi dernier. Pour les Gilts, la révision de +9 pb à 4,38, correspondant à un potentiel supplémentaire de 46 bp. Les experts n’ont en revanche quasiment pas modifié leurs attentes sur les taux longs au Japon et dans la zone euro, en tablant sur un rendement respectif de 1,51% et 3,58% à l’horizon de 6 mois.
Sur le change, les opinions des membres du Panel n’ont presque pas varié sur le dollar/yen et l’euro/livre, avec des attentes respectives de 93,52 et 0,88 à fin septembre. Henderson Global Investors se singularise en prévoyant une forte réappréciation de la devise britannique face à l’euro durant l’été, avec une parité passant de 0,94 à 0,80 durant le troisième trimestre. Le compromis laborieux auquel sont parvenus le mois dernier les pays de la zone euro pour mettre en place un mécanisme d’aide à la Grèce ne devrait pas aboutir à un soutien de la devise européenne face au dollar. Les répondants prévoient ainsi à 6 mois une légère dépréciation de l’euro face au billet vert à 1,34, contre un cours actuel de 1,352 et des anticipations de 1,38 voici un mois. UFG-LFP remporte la palme des opinions baissières sur l’euro avec une parité cible de 1,25 à fin septembre.
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