Le « Panel Taux » table sur une détente des rendements de la zone euro
Les tensions sur les marchés provoquées par la crise irlandaise, particulièrement sur les dettes périphériques dans la zone euro, ont conduit les opérateurs à revoir à la hausse leurs prévisions de rendements sur les obligations d’Etat européennes. Alors que, début novembre, le Panel Taux tablait un Bund à dix ans à 2,50% dans trois mois, il anticipe à présent un rendement, plus élevé, de 2,72 %. Aurel BGC et Swiss Life AM anticipent même un Bund à 3% tandis que CPR AM, La Banque Postale et Nomura tablent sur un rendement de 2,90% d’ici à trois mois. A l’opposé, BNP Paribas prévoit un taux de 2,39%, la prévision la plus basse du panel. A six mois, les gestionnaires ont relevé leurs anticipations plus modestement, à 2,91% en moyenne. Elles sont comprises entre 2,25 % pour LCF Edmond de Rothschild et 3,40% pour Aurel BGC.
Le mois dernier, la remontée des taux a été plus forte que les révisions en hausse des panélistes. Depuis début novembre, le Bund a progressé de 35 points de base (pb) à 2,87%, son plus haut niveau depuis mai dernier. Entre temps, le Bund avait atteint un point bas à 2,1% fin août. Du coup, malgré une prévision relevée à 2,72 % à trois mois, les membres du Panel Taux anticipent une détente sur la dette la moins risquée de la zone euro.
Sur le segment de la dette périphérique, les mouvements ont été bien plus violents le mois dernier. Les spreads par rapport au Bund ont atteint des sommets à 283 pb pour la dette espagnole et à 460 pb pour la dette portugaise courant novembre mais les tensions se sont réduites depuis, grâce au programme d’achat d’obligations de la BCE, qui se poursuit.
Sur le marché des taux américains, les Treasuries ont également subi des tensions en novembre. Les rendements à dix ans se sont tendus de 36 pb à 2,96%. Il faut dire que les opérateurs avaient largement anticipé l’annonce du lancement, le 3 novembre, d’un nouveau programme d’assouplissement quantitatif. Dans ce contexte, les panélistes ont revu en hausse leurs prévisions. D’après eux, les Treasuries devraient afficher un taux de 2,76% d’ici à fin février. Ils tablent donc sur une baisse par rapport au taux actuel. Cinq membres du panel prévoient cependant sur une stabilisation des rendements à 3%.
Sur le marché des changes, l’euro/dollar a nettement reculé le mois dernier, la monnaie commune se dépréciant sur fond de crise de la dette souveraine dans la zone euro. Parallèlement, les membres du panel ont légèrement révisé leurs prévisions qui sont passées de 1,38 à 1,34 à trois mois. Pour certains membres du panel, l’euro pourrait cependant repartir à la hausse. Ainsi, Commerzbank, CPR AM, Deusche Bank, JPMorgan et LCF Edmond de Rothschild prévoient un euro supérieur ou égal à 1,40 dollar d’ici fin février.
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