Le " Panel Taux " prévoit un statu quo monétaire pour les six mois à venir
Barclays Capital est le seul participant à l’enquête à attendre une hausse des taux britanniques de 50 pb à 1 % au cours du premier trimestre 2010
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Tân Le Quang
Pour les grandes banques centrales, une sortie de crise économique n’est pas encore à l’ordre du jour. Jugeant l’état de santé de l'économie des Etats-Unis toujours «vulnérable malgré les signes de stabilisation», Eric Rosengren, le président de la Réserve fédérale de Boston a estimé vendredi que la banque centrale américaine «devrait résister à la tentation de durcir la politique monétaire trop tôt». «La crise n’est pas terminée et l’heure n’est pas encore à la mise en œuvre de stratégies de sortie de crise», avait déclaré récemment de son côté le président de la BCE, Jean-Claude Trichet en parlant du cas de la zone euro.
Dans tous les cas, ces appels à la prudence ont probablement conforté les dix neuf membres du Panel Taux Agefi qui, en octobre, continuent, de manière unanime, à voir le taux de refinancement de la BCE inchangé à 1 % et les Fed funds rester dans la marge de fluctuation de 0-0,25 % ces six mois prochains mois.
Mais la durée de cet immobilisme monétaire dépendra de la capacité de rebond économique de chaque pays. A l’instar des Etats-Unis, le Royaume-Uni, toujours en pause monétaire et qui n’a pas lésiné sur les stimuli budgétaires et les mesures d’assouplissement monétaires, pourrait sortir de crise avant les autres et observer le premier un retour de l’inflation. Fin août, Andrew Sentance, membre de la Banque d’Angleterre, a expliqué que «l'économie britannique devrait renouer avec la croissance au cours du second semestre 2009».
D’ailleurs, Barclays Capital parie déjà sur une hausse de 50 points de base (pb) des taux britanniques à 1 % au cours du premier trimestre 2010. Il est néanmoins seul dans ce cas. Le banquier central d’outre-Manche a d’ailleurs tempéré ses propos rajoutant que «le rythme de la reprise devrait dépendre de la capacité des banques à prêter davantage et de la santé de l'économie mondiale».
Quant aux taux longs, leur nette détente liée à la correction actuelle des marchés actions va à contresens de la prévision du panel d’une phase de tension ces trois à six prochains mois. Ces dix derniers jours, les taux à 10 ans ont chuté de 25, 27 et 60 pb dans l’ordre au Royaume-Uni, en zone euro et aux Etats-Unis.
Côté change, suite à la baisse du dollar, les membres ont relevé leur prévision moyenne à trois mois pour l’euro/dollar, à 1,45 contre 1,40 auparavant. Une stabilisation du billet vert constitue ainsi le principal scénario du panel. BNP Paribas et CPR AM, eux, défendent la thèse d’une dépréciation du dollar et font le pari d’une parité dans l’ordre à 1,54 et 1,52. Le yen pourrait profiter du retour de l’aversion pour le risque qui se manifeste actuellement. La prévision moyenne à trois mois pour le dollar/yen a été ramenée à 92,26, contre 95,88 en septembre.
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