Le Panel Taux prévoit un statu quo de la BCE sur les taux

La BCE devrait attendre que les deux injections de liquidité fassent tout leur effet avant d’agir à nouveau sur le refi
Solenn Poullennec

Le Panel taux n’attend pas d’action de la Banque centrale enropéenne (BCE) sur ses taux lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de mercredi prochain.

Après le succès de la seconde injection de liquidités à trois ans (LTRO) fin février, les panélistes étaient déjà nombreux à prédire l’attentisme, ils ont désormais ajusté leurs prévisions en ce sens.

La prévision médiane pour le taux de refi à 1 et 6 mois reste au niveau actuel de 1%. D’ici à trois mois, seuls Cholet Dupont, LCF Edmond de Rothschild et Swiss Life AM parient sur une baisse de 25 points de base. A six mois, Aurel BGC et la Française AM attendent une baisse du refi à 0,75% et Cholet Dupont estime même qu’il pourrait descendre à 0,50% (contre 0,25% le mois dernier).

Tous les autres panélistes estiment que la BCE va garder son taux principal à 1%, le temps de pouvoir juger de l’impact des deux LTRO. Ils rejettent par ailleurs toute possibilité de resserrement de la politique monétaire à court terme. «Nous n’attendons pas à ce que des mesures d’absorption de la liquidité soient mises en œuvre rapidement, l’effet de signal serait dramatique alors que la situation du système bancaire est toujours fragile», estiment les analystes de Barclays Capital. Selon ces derniers, «si les deux LTRO ont éliminé les risques de refinancement pour les banques, le marché interbancaire ne fonctionne pas correctement».

L’évolution de la masse monétaire publiée la semaine dernière semble témoigner de cette fragilité. Même si elle est ressortie à 2,8% en février contre 2,5% en janvier, les économistes font valoir qu’elle est d’abord due à une accélération du crédit au secteur public et non au secteur privé. Reste qu’elle ne tient pas vraiment compte de la seconde LTRO.

Par ailleurs, l’inflation qui s’était stabilisée à 2,7% au début de l’année est ressortie à 2,6% en mars, selon l’estimation préliminaire d’Eurostat. Pour l’économiste de BNP Paribas, Clemente de Lucia, la hausse des prix du pétrole ne devrait pas modifier les prévisions d’inflation à moyen terme. «Ceci combiné à une reprise économique faible, devrait pousser la BCE à laisser ses taux inchangés pour une période prolongée», écrit-il.

Dans ce contexte, les panélistes n’ont pas vraiment modifié leur prévisions sur les taux longs allemands à 10 ans, dont la moyenne est à 2,06% à 3 mois, ni sur l’euro/dollar, qui resssort en moyenne à 1,30.

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