Le Panel Taux parie sur une nouvelle baisse du refi au premier trimestre 2012
Le Panel Taux parie sur un nouvel assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne dans les trois mois à venir. En décembre, la prévision médiane de nos panélistes était de 1% pour le taux de refi à trois mois, soit au niveau en vigueur depuis le 8 décembre. Début 2012, alors que la prochaine réunion de la BCE est attendue le 12 janvier, cette prévision tombe à 0,75%. Les panélistes maintiennent cette prévision à six mois.
Barclays Capital, Groupama AM et UBS parient même sur une baisse de 50 points de base (pb) ce trimestre. Tandis qu’Amundi, BNP Paribas, LCF Edmond de Rothschild, Nomura, Robeco Gestions et Swiss Life AM tablent sur un refi à 0,75%. Dexia AM, parmi les plus «faucons» des panélistes, prévoit désormais un assouplissement de 25 pb au deuxième trimestre, après un statu quo au premier.
Lors de la réunion du 8 décembre, le président de la BCE, Mario Draghi, a annoncé toute une série de mesures pour soutenir l'économie et les banques: une baisse des taux de 25 points de base après celle de même ampleur du 3 novembre, deux opérations de refinancement à trois ans (après celle de décembre, la prochaine est prévue le 28 février), une baisse du ratio de réserves à 1% et un élargissement des critères de collatéral éligible à son guichet.
Début décembre, Mario Draghi a aussi expliqué que le nouveau volet de mesures n’avait pas été pris à l’unanimité et qu’en aucun cas il n’avait été question de baisser le taux de refi de 50 pb. Le conseil des gouverneurs s’attend à ce que l’inflation reste au-dessus des 2% pour plusieurs mois, avant de décliner en dessous de ce seuil. Cependant, des données récentes pourraient inciter les banquiers centraux à pencher pour une politique monétaire encore plus accommodante.
La croissance de la masse monétaire M3, qui permet à la banque centrale d’estimer l’évolution de l’inflation, est tombée à 2% en novembre contre 2,6% en octobre et 2,5% attendu par le consensus. Ce même mois, la croissance des prêts au secteur privé et aux ménages a ralenti à 1,7% (contre 2,7% en octobre). Enfin, l’inflation en Allemagne a ralenti à 2,1% en décembre contre 2,4% en novembre.
La sortie de la crise de la dette souveraine n'étant toujours pas en vue, les panélistes penchent plutôt pour une poursuite de la baisse de l’euro. Alors que la prévision moyenne pour la parité euro/dollar était de 1,33 et 1,32 à un mois en décembre, elle est passée à 1,29 et 1,27 en janvier. Vendredi, l’euro était tombé à 1,2952 contre le dollar, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis le début de l’année 2010. Pour son dixième anniversaire, la monnaie unique est même tombée en dessous de 100 yens vendredi, un point bas depuis depuis 2001.
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