Le « Panel Taux » croit toujours au statu quo monétaire des banques centrales
Restés ancrés sur leur position de décembre sur les taux directeurs, les experts ne voient pas de tension significative des taux longs
Publié le
Tân Le Quang
Alors que les banques centrales ont déjà préparé le terrain pour un retrait en douceur de leurs mesures d’assouplissement quantitatif, un retour à des politiques de taux traditionnelles, lui, ne devrait pas avoir lieu au premier semestre 2010. C’est ce qui ressort du Panel Taux Agefi de janvier. Les vingt participants ayant répondu à l’enquête défendent comme en décembre, à l’unanimité ou à la quasi-unanimité, le scénario de statu quo monétaire de la BCE, la Fed, la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon sur un horizon de 6 mois.
Alors que la Réserve fédérale travaille au retrait des liquidités excessives dans le système financier en proposant au marché la création d’une facilité de dépôt après avoir testé des opérations de reverse repo, UBS est le seul à voir la Fed monter ses taux à 0,50% d’ici fin juin. Avant de normaliser ses taux, cette dernière devra s’assurer de la solidité du rebond de l’économie américaine qui est en train de s’amorcer. En décembre, les enquêtes de confiance des directeurs d’achat et des consommateurs ont d’ailleurs atteint un plus haut de respectivement 4 ans et 3 mois.
Outre-Manche, malgré la révision à la hausse du PIB de -0,3% à -0,2 % au troisième trimestre, les signaux contrastés ressortant des dernières minutes de la BoE et les résultats du plan de rachats d’actifs ont rendu difficile la lecture du discours de la banque centrale, qui se réunira le 7 janvier. Pour l’heure, seuls Aurel BGC et Credit Suisse parient sur une hausse de taux d’ici à fin juin. Ils prévoient dans l’ordre un geste de 50 et 25 pb à 1% et 0,75% sur cet horizon. La BCE, elle, a déjà bien préparé les marchés au retrait de ses mesures de liquidités exceptionnelles, mais reste prudente sur la reprise. Ce qui a probablement amené les vingt participants à s’accorder sur un maintien du refi à 1% à horizon 6 mois.
Tout comme le marché, qui ne croit pas au krach obligataire en 2010, le Panel ne s’attend pas à une tension significative des taux longs. Au regard de ses prévisions, les taux à 10 ans en Europe, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis auraient un potentiel de hausse à 6 mois, dans l’ordre, de 11, 7 et 4 pb seulement par rapport à leur niveau de jeudi.
Côté change, l’embellie du dollar face à l’euro ne devrait pas durer. Les prévisions moyennes à 3 et 6 mois pour l’euro/dollar s’établissent à 1,47. D’ici à fin mars 2010, Commerzbank, JPMorgan, SG CIB et UniCredit anticipent l’euro/dollar à 1,55 dollar par euro. Henderson Global Investors croit à un reflux de la parité à 1,38 sur le même horizon. En revanche, une apréciation modérée du billet vert vis-à-vis du yen est attendue, la prévision à 3 mois du dollar/yen passant de 90,50 à 92,19.
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