Le « Panel Taux » croit à une hausse modérée des taux longs américains
Les 22 participants à l’enquête parient toujours sur un statu quo monétaire des grandes banques centrales d’ici à fin avril 2010
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Tân Le Quang
Ces six prochains mois, les grandes banques centrales devraient continuer à gérer avec prudence leur stratégie de sortie d’assouplissement quantitatif et discourir prudemment sur leur politique monétaire traditionnelle. C’est du moins ce qui ressort du Panel Taux Agefi de février réalisé auprès de 22 participants jeudi dernier.
De fait, le panel, à l’unanimité de ses membres, croit encore à un statu quo monétaire de la BCE, de la Fed, de la Banque d’Angleterre (BoE) et de la Banque du Japon (BoJ) d’ici fin à avril 2010. Et à horizon 6 mois, rares sont les experts à anticiper des politiques de taux plus restrictives.
Aurel BGC et Credit Suisse sont comme en janvier, les seuls répondants à l’enquête à parier sur une hausse des taux de la BoE, dans l’ordre, de 50 et 25 points de base (pb) à 1% et 0,75% d’ici à fin juillet 2010. Chose nouvelle, ils prévoient tous les deux un relèvement du refi de la BCE de 25 pb à 1,25% sur le même horizon d’investissement.
Pour ce qui est de la Fed, les deux établissements sont désormais du même avis qu’UBS. L'établissement suisse voit depuis janvier la banque centrale américaine remplacer sa marge de fluctuation de 0-0,25% par un niveau de 0,50% sur un horizon de 6 mois. De même, RBS parie sur des taux directeurs américains en hausse à 1%.
Quant à la BoJ, Natixis est le premier à croire à un resserrement de taux de 15 pb à 0,25% d’ici à 3 mois.
Côté taux longs, la majorité des membres du Panel sont restés ancrés sur leur position de janvier pour la zone euro et le Royaume-Uni où la reprise économique reste à confirmer, et pour le Japon où l’économie est toujours sous la menace déflationniste. En revanche, outre-Atlantique, la publication, en première estimation, vendredi, d’un bond de 5,7% du PIB au quatrième trimestre 2009 devrait valider l’hypothèse du panel d’un regain de tension des rendements des Treasuries à 10 ans. Même si ceux-ci sont restés stables vendredi, les prévisions moyennes à 3 et 6 mois ont été revues à la hausse, dans l’ordre, de 11 et 12 points de base à 3,76 et 3,95 %. Soit, par rapport à leur niveau de vendredi, un potentiel de hausse de 11 pb d’ici à fin avril et de 30 pb d’ici à fin juillet.
Sur le change, le billet vert, dont le retour en grâce s’est produit de manière prématurée fin 2009, semble avoir réendossé son statut de valeur refuge. Bien que l’euro/dollar ait cassé à la baisse la barre des 1,39 le 29 janvier, les participants en moyenne prédisent une remontée de la parité sur un horizon de 3 mois à 1,44, contre 1,47 en janvier. Soit un potentiel de baisse qui devrait rester limité. La Banque Postale prévoit même une poursuite de la baisse de l’euro avec une parité à 1,37 d’ici à fin avril, la prévision la plus basse du panel.
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