Le " Panel Taux " croit à un long statu quo monétaire des banques centrales
Aurel BGC et Barclays Capital sont les seuls participants de l’enquête à voir une hausse des taux outre-Manche d’ici à la fin avril 2010
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Tân Le Quang
Alors que la résistance de leur économie à la crise a permis à l’Australie et la Norvège d’amorcer le resserrement de leur politique monétaire traditionnelle, la conjoncture économique des pays du G7 semble, elle, encore trop fragile pour que leurs banques centrales envisagent à leur tour à court terme une hausse des taux. C’est du moins ce qui ressort du Panel Taux Agefi, réalisé auprès de 21 participants avant la publication jeudi du rebond de 3,5% du PIB américain au troisième trimestre. De fait, les membres du Panel parient à l’unanimité sur un statu quo monétaire de la BCE, de la Fed et de la Banque du Japon (BoJ) d’ici à la fin avril 2010.
Pour ce qui est de la Banque d’Angleterre (BoE), Aurel BGC et Barclays Capital sont les seuls participants à croire à un durcissement des conditions monétaires. Sur un horizon de six mois, ils parient, dans l’ordre, sur une hausse respective de 25 et 50 pb du taux de base britannique à 0,75% et 1%.
Un retour à des politiques de taux restrictives nécessite d’abord le retrait des mesures de soutien à l’économie et des stratégies d’assouplissement quantitatives dites «non conventionnelles». Les gouvernements ont d’ores et déjà annoncé la suppression progressive des primes à la casse. Les banques centrales, elles, commencent à en faire de même avec leurs dispositifs de liquidités d’urgence. La Fed n’a pas prolongé ni relevé son programme de 300 milliards de dollars de rachats d’emprunts d’Etat américain, qui a expiré la semaine dernière. Alors que le banquier central Axel Weber a signalé jeudi que la BCE pourrait retirer en 2010 ses aides de liquidités d’urgence, la BoJ a fait savoir le 30 octobre qu’elle arrêtera ses achats de dette corporate à la fin de l’année.
La BoE, pour sa part, devrait se prononcer ce jeudi sur un éventuel relèvement du programme de rachats d’actifs fixé pour l’heure à 175 milliards de livres. Sur ce point, la contraction inattendue de 0,4% du PIB britannique entre juillet et septembre favorise une augmentation du plan de la BoE, le consensus tablant sur une hausse de 50 milliards de livres à 225 milliards. Les réunions de la BCE, le même jour, et surtout de la Fed, mercredi, qui semble vouloir durcir le ton de son communiqué, seront riches d’enseignements sur le calendrier d’un retrait des mesures de soutien.
Côté change, les participants à l’enquête ont revu leur copie pour l’euro/dollar, l’appétit pour le risque mettant sous pression le billet vert à court terme malgré le regain de forme des derniers jours. De fait, la prévision moyenne à trois mois pour la parité passe de 1,45 à 1,48 d’un mois sur l’autre. CPR AM, Deutsche Bank et Nomura vont jusqu’à voir la parité atteindre le niveau de 1,55 d’ici à la fin janvier 2010.
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