Le « Panel Crédits » tempère un peu son enthousiasme
Même si les obligations d’entreprises en euro ont affiché une performance positive en janvier, les opérateurs sur le marché du crédit sont plus prudents. De fait, l’inquiétude croissante sur la dette souveraine de la Grèce et des pays périphériques se propage au marché des CDS corporates. L’iTraxx Europe, qui suit l’évolution du coût de la protection contre le risque de défaut des signatures les plus traitées, s’est élargi de 7 points de base (pb) à 83 pb sur le mois dernier. L’iTraxx Crossover qui suit les émetteurs les plus risqués s’est tendu de 22 pb, à 454 pb. Ces deux indices suivent donc l’iTraxx SovX sur l’Europe occidentale, baromètre de l’évolution du risque souverain, qui s’est écarté de près de 20 pb, à 88 pb.
Amorcé la deuxième semaine de janvier, ce retournement de tendance sur les indices de dérivés de crédit de la dette corporate est pris au sérieux par certains gestionnaires. Allianz GI France et La Banque Postale AM modèrent leur point de vue sur les spreads et abaissent leurs perspectives de positive à neutre. CM-CIC AM et CCR AM modifient encore plus franchement leurs opinions sur les indices. Ils passent de positive à négative. Les optimistes restent majoritaires dans le panel mais sont moins nombreux que le mois dernier. Ils représentent 72% des répondants, contre 94% début janvier. Pioneer Investments rejoint cette catégorie, relevant sa perspective de neutre à positive.
Parmi les 18 gestionnaires qui ont répondu au Panel Crédits, trois ont, dans ce contexte moins porteur, allégé leur exposition à la classe d’actifs. CM-CIC AM et La Banque Postale AM sont passés de surpondérer à neutre. 22 % des membres du panel sont à présent neutres sur la classe d’actifs. Quant à CCR AM, neutre début janvier, il décide d’adopter une stratégie encore plus prudente sur le crédit et passe à sous-pondérer. La part des gestionnaires surpondérerant la classe d’actifs baisse légèrement, passant de 82% à 72%.
Dans un environnement qu’ils jugent plus risqué, certains gestionnaires ont choisi de se repositionner sur des titres qui devraient moins souffrir d’une éventuelle détérioration du marché. CCR AM privilégie par exemple les titres «AA» alors qu’il visait les obligations «BBB» début janvier. CM-CIC AM relève aussi sa catégorie de notation préférée, de «A/BBB» à «AA/A».
Enfin, les gérants ont arrêté de diminuer la part de cash dans leur portefeuille. Les liquidités avaient atteint un plancher historique à 2,14% début janvier après avoir progressivement diminué depuis un an dans un contexte de reprise du marché du crédit. Les gérants semblent dorénavant moins enclins à investir la quasi-totalité de leurs fonds en obligations. La Banque Postale AM est le panéliste qui relève le plus nettement sa part de cash. Elle passe de 5 à 15%.
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