Le nombre de participants surpondérant la classe d’actifs s’est effondré. La moitié d’entre eux anticipent une stabilisation des spreads
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Laure Closier
La crise grecque réduit l’appétit des investisseurs pour le crédit. S’ils restent majoritairement surpondérés sur la classe d’actifs, ils ne sont plus que 57% du Panel à choisir cette exposition forte. La tendance à la surpondération depuis mars est clairement à la baisse parmi les gestions qui ont répondu ce mois-ci à notre Panel. Elles étaient 78% à annoncer cette stratégie il y a deux mois, elles n’étaient déjà plus que 66% en avril.
Le mois de mai marque une nouvelle inflexion. CM-CIC AM a choisi de passer de surpondérer à neutre. Les incertitudes sur les financières exposées au risque hellénique y sont sûrement pour quelque chose. Entre mi-mars et mi avril, les émissions de cette catégorie ont d’ailleurs chuté de 57% selon CA CIB. En avril, les émissions de dette corporate dans le monde ont baissé de 72% à 366,8 milliards de dollars, selon les chiffres de Thomson Reuters. Depuis le début de l’année, l’activité est en recul de 18%.
Le pessimisme ambiant se traduit bien sûr, aussi, sur les perspectives des spreads en mai. Les panélistes marquent un changement sur leurs anticipations. Ils étaient 72% à prévoir un resserrement sur les deux derniers mois, ils ne sont désormais plus que 43% pour le mois prochain. La tendance majoritaire est désormais au neutre, avec 50 % des répondants qui anticipent une stabilisation des spreads. DWS Investments et CM-CIC AM sont les deux gérants du Panel qui ont abaissé leurs perspectives. Le premier est passé de positif à neutre. Le second est le seul de la liste à anticiper un écartement des spreads, amenant sa prévision à négative. En avril, cependant les spreads sur les corporates non financiers se sont bien tenus, malgré la crise grecque.
Dans les détails, la catégorie préférée des investisseurs ne change pas d’un mois sur l’autre, restant à BBB. JP Morgan AM et Allianz Global Investors continuent de se placer sur le high yield. Selon Thomson Reuters, la catégorie a d’ailleurs continué d’être très active en avril, après le record de volume de mars. L’activité a été de 112 milliards de dollars, quatre fois plus que l’an dernier à la même époque. CM-CIC AM inclut de son côté une nouvelle part de risque en ajoutant la catégorie BBB à ses préférences.
La part de cash de son côté a bondi de 2,60 à 3,05% en moyenne. CM-CIC a fait passer sa réserve de 2 à 4%. Quant à la Banque Postale, elle l’a vidée de 15 à 7%. La duration des portefeuilles des panélistes continue en revanche de s’allonger, signe tout de même que la confiance n’est pas rompue. La duration moyenne est évaluée en mai à 4,13 contre 4,01 le mois dernier. Cependant, se sont surtout Lazard Frères Gestion, La Banque Postale AM et M&G qui tirent la moyenne à la hausse. Les autres à 57% ont abaissé leur duration moyenne.
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