Le Panel Crédit devient plus prudent sur l'évolution de la prime de risque
Après une année 2012 exceptionnelle, le marché du crédit corporate a démarré ce début 2013 en fanfare. «Les primes de risque se resserrent notablement, le marché primaire est très actif et s’est rouvert dès les tout premiers jours de janvier. Tous les types d’émetteurs, de notation d’investissement à spéculative, des pays périphériques aux «core» viennent émettre sur le marché. Nous restons positifs sur la classe d’actifs mais accentuons notre approche sélective, compte tenu du parcours de certaines émissions et de leur cherté relative», explique Gaëlle Mallejac, directrice de la gestion de taux chez Groupama AM.
A l’image de Groupama AM, la plupart des gérants continuent de surpondérer la classe d’actifs. De son côté, BNP Paribas semble toutefois faire preuve d’un peu plus de prudence en passant de surpondérer à neutre tandis que CCR AM va jusqu'à sous-pondérer les obligations. En outre, alors qu’ils étaient jusqu'à présent une forte majorité à ne pas anticiper de tensions sur les spreads de crédit, les gérants affichent désormais une position neutre sur la perspective de l’évolution des écarts de taux à 1 mois. Certains estiment cependant que l’horizon va encore s’éclaircir comme la Banque Postale AM qui est passée de neutre à positive.
Dans leurs portefeuilles, les sociétés de gestion privilégient toujours la catégorie de notation BBB. D’autres comme LCF Edmond de Rothschild misent pour leur part en priorité sur la dette spéculative notée B ou, à l’image d’Amundi, sur les signatures A de l’environnement «investment grade». Les succès des levées de fonds récentes des émetteurs des pays de la périphérie en Espagne, Italie, au Portugal voire en Grèce ont démontré un très fort appétit pour le risque.
Malgré tout, signe d’un regain de prudence, le Panel Crédit a légèrement augmenté la part de cash en portefeuille pour février. Elle est passée à 4,61% contre 4,55% lors du panel précédent. Ce montant avait atteint 7,26% au mois de juillet au plus fort de la crise des dettes souveraines. Avec 10% de cash en portefeuille, CPR AM, Dexia AM, La Banque Postale AM, et la Française AM, sont les plus liquides. Dans le détail, CPR AM a choisi d’augmenter son exposition en passant de 5% à 10% tandis que la Banque Postale AM a préféré se délester en passant de 15% à 10%.
L’indice iTraxx (indicateur de l’évolution des CDS des obligations privées dans la zone euro) est resté quasi stable à quelque 141,7 points de base (pb) vendredi contre 140 pb le 4 janvier dernier lors de notre dernier panel. L’an dernier, la défiance à l’égard des emprunts d’Etat avait entraîné une contraction de plus de 180 pb de la prime de risque des obligations d’entreprises, le rendement ayant ainsi atteint son point le plus bas des dix dernières années soit un taux de 2,18%.
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