Le Panel Agefi vote à l’unanimité en faveur du marché de crédit
Grand chelem réussi pour le Panel Crédit. Alors que BBVA avait encore une exposition neutre sur la classe d’actifs en février, tous les gérants interrogés par L’Agefi sont désormais passés à surpondérer – à une nuance près pour Edmond de Rothschild AM, qui se dit friand de high yield mais «neutre» pour les obligations de catégorie investment grade. L’unanimité est presque de mise également en termes de perspectives sur les spreads, où, comme le mois dernier, seulement trois panélistes sont neutres et non pas positifs: Neuflize OBC, Nordea et Deutsche AWM, qui remplace Candriam dans cette catégorie.
L’imminence du programme de rachat de dettes publiques (QE) de la BCE, qui sera lancé dans le mois, pousse les gérants vers le crédit. Alors que les courbes de taux s’aplatissent de plus en plus en Europe et qu’un tiers de l’univers de dette souveraine traite désormais à des rendements négatifs, avec même une contagion vers les titres courts d’entreprises très bien notées (Nestlé), la classe d’actifs du crédit peut encore offrir des perspectives de rémunération.
Dans cette logique, un nombre croissant de panélistes se convertissent aux vertus de la dette subordonnée, le compartiment qui offre le plus de rendement. De huit en janvier et onze en février, ils sont désormais quatorze, sur un total de vingt gérants, à privilégier les titres juniors par rapport à la dette senior.
Cet attrait se traduit aussi en termes de collecte. Les fonds high yield ont attiré près de 2 milliards de dollars de flux nets retail européens depuis le début de l’année et les fonds investment grade quelque 12,3 milliards, selon les dernières statistiques d’EPFR arrêtées au 25 février. Sur le marché secondaire, la performance en termes de resserrement depuis le début de l’année impressionne: l’indice iBoxx de la dette investment grade en zone euro est tombé à 1,07% contre 1,34% début janvier. L’indice high yield a retrouvé ses niveaux précédant la correction de l’été dernier. Du côté des CDS, l’indice iTraxx Main qui couvre les sociétés notées en investment grade est passé sous les 50 pb pour la première fois depuis la crise de 2007.
L’effervescence du marché se lit également sur le primaire. En février, les volumes d'émissions investment grade en euros ont atteint 36,5 milliards, un record pour ce mois. Les investisseurs voient arriver un afflux de signatures étrangères, notamment américaines, qui viennent profiter d’un coût de financement en euros inférieur à celui en dollars. Sur la semaine écoulée, AT&T, Flowserve ou encore Mondelez se sont illustrés. Mais c’est Coca-Cola qui a frappé le plus fort en signant la plus grosse émission d’une entreprise américaine sur le marché en euros, avec son emprunt de 8,5 milliards d’euros en cinq tranches le 26 février.
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