Le " Panel Agefi " table sur une stabilisation des taux longs
Dans un environnement moins agité, les économistes ne prévoient pas non plus d’évolution significative des taux à court terme
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Violaine Le Gall
Les gestionnaires ont intégré le fait que le taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) se trouvait à son niveau plancher de 1 %, et ce, pour une longue période. Ainsi, Barclays Capital a relevé de 25 points de base (pb), à 1 % ses prévisions sur le refi, tout comme BNP Paribas à un horizon de six mois. JP Morgan pour sa part n’anticipe plus un abaissement du taux directeur à 0,5 % d’ici la fin de l’année. Jeudi dernier, la BCE a laissé son taux inchangé et le message délivré par son président Jean-Claude Trichet ne laissait pas augurer d’une évolution prochaine de sa politique monétaire conventionnelle. Aux Etats-Unis, l’heure est également au statu quo. Alors que les marchés commençaient à miser sur une remontée des taux directeurs, la Fed a, lors de sa réunion de fin juin, indiqué que ses taux resteraient à leur niveau actuel « pour une période prolongée », faisant retomber les anticipations sur le marché des futures.
Sur les taux longs, la situation semble également se stabiliser. Le mois dernier, ils n’ont quasiment pas évolué aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Le gigantesque programme d’émissions de Treasuries et la volonté de la Fed de ne pas augmenter son plan de rachat de titres, contrairement à ce que certains intervenants anticipaient, devraient empêcher la détente des taux longs que le panel anticipait encore le mois dernier. Les économistes du panel voient les Treasuries à dix ans afficher un taux de rendement de 3,44 % d’ici fin septembre et de 3,59 % à la fin de l’année, contre environ 3,50 % actuellement. Les visions sont toutefois contrastées puisqu’elles s’échelonnent, à trois mois, entre 2,60 % pour SG CIB et 4 % pour Royal Bank of Scotland et Crédit Agricole.
En zone euro, les taux longs pourraient se détendre légèrement à en croire le panel. Les craintes sur les risques d’inflation à long terme y sont moins fortes qu’aux Etats-Unis, le programme de rachat d’actifs de la BCE se limitant à la reprise de 60 milliards d’euros d’obligations sécurisées. SG CIB, LCF Edmond de Rothschild et Groupama Asset Management sont les membres du panel qui tablent sur la plus forte baisse de taux. D’après eux, ils tomberaient à 3 % d’ici trois mois. Sur le marché des changes, les membres du panel n’ont fait évoluer leurs prévisions qu’à la marge.
Nous informons nos lecteurs qu’en raison des congés d'été, les prochains panels paraîtront le 31 août.
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