Le Panel Agefi est divisé sur l'évolution des taux longs
La préparation à un resserrement monétaire aux Etats-Unis en 2015 devrait peser sur l’euro
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Patrick Aussannaire
Les discours devraient se substituer aux actions dans l’agenda des banques centrales au deuxième semestre. Après les nombreuses mesures annoncées le mois dernier par la BCE, le Panel Taux n’attend dans son immense majorité aucun nouveau geste d’assouplissement monétaire d’ici à la fin de l’année. Mario Draghi devrait en revanche, comme il l’a déjà fait jeudi dernier, orienter les prochaines réunions du Conseil des gouverneurs vers l’explication des modalités pratiques de mise en place des mesures non conventionnelles ciblées sur la relance du crédit.
La force de frappe des opérations trimestrielles de refinancement ciblées (TLTRO) d’échéance septembre 2018 à un taux de 0,25% a été estimée à 1.000 milliards d’euros, avec un départ dès septembre. «Les TLTRO étant utilisées dans un premier temps pour ‘rouler’ les LTRO, les injections de liquidités effectuées en fin d’année devraient avoir un impact limité sur le volume net dans l’Eurosystem», estime néanmoins Natixis.
En outre, c’est le programme de rachats d’ABS «plain vanilla» qui constitue le «vrai détonateur pour la relance du crédit» aux PME, selon RBS. Le travail préparatoire à son lancement devrait s’intensifier avec une réunion prévue sous peu avec les institutions financières. «La BCE observera en premier lieu l’impact des TLTRO. Les premiers rachats ciblés devraient débuter début 2015, même si les montants devraient rester limités dans un premier temps compte tenu des contraintes réglementaires et de marchés qui pèsent sur la BCE», précise CA CIB.
La BCE a également retenu l’attention en décidant d’espacer ses réunions à six semaines et en publiant les «comptes-rendus» de ses discussions à partir de janvier 2015. Une révolution justifiée comme un moyen de limiter la volatilité des anticipations sur le marché monétaire. Une publication à l’issue de la réunion et de manière anonyme constituerait «un outil puissant de communication», selon Natixis.
L’Eonia a chuté à 2,5 pb en moyenne depuis le 12 juin (hors 30 juin), contre 25 pb en avril et mai suite aux baisses de taux décidées début juin par la BCE, et «devrait rester compris entre zéro et 5 pb cet été compte tenu des conditions de liquidités volatiles», selon Barclays. Sur la partie longue, les panélistes prévoient une remontée du rendement du Bund de 25 pb et de 50 pb à échéance trois et six mois. Une moyenne qui masque une forte amplitude des prévisions à six mois, allant de 1,40% à 2,20%, traduisant la forte incertitude quant à leur évolution.
Aux Etats-Unis, la fin des rachats d’actifs est prévue pour octobre, et les marchés anticipent un début de normalisation monétaire seulement mi-2015, malgré la baisse du taux de chômage à 6,1%. «La Fed sera particulièrement attentive au rythme de croissance des salaires dans les prochains mois, mais pour l’instant, la politique monétaire accommodante reste de mise», estime CA CIB. Si le taux 10 ans est revenu à 2,64%, les panélistes sont également très partagés sur son évolution, avec des prévisions variant entre 2,8% et 3,41% à échéance six mois.
Dans ce contexte, l’Euribor 3 mois est passé sous le niveau du Libor dollar 3 mois pour la première fois depuis décembre 2013. Un écart de 5 pb qui devrait peser sur l’euro au dernier trimestre avec le lancement du TLTRO de la BCE alors que la Fed préparera les marchés à un resserrement monétaire, selon Nordine Naam, stratégiste chez Natixis.
Le Panel anticipe une baisse de l’euro contre dollar à 1,34 fin septembre et 1,31 en fin d’année, alors que les forwards prévoient un cours stable à 1,36.
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