Le " Panel Agefi Crédit " est plus indécis sur l’évolution du marché
Les obligations d’entreprises ont connu un premier semestre exceptionnel. Depuis le début de l’année, les sociétés non financières ont vendu près de 190 milliards d’euros de titres nouveaux. Un niveau qui laisse supposer qu’en 2009, le montant record de 2001, à savoir 200,2 milliards d’euros, sera battu. Par ailleurs, après les fortes tensions du quatrième trimestre 2008, les marchés obligataires se sont significativement détendus. L’indice iBoxx, représentatif de l’univers du crédit en euro, est ainsi passé de 466 points de base (pb) en janvier à moins de 300 pb.
Les marchés commencent toutefois à s’essouffler, comme en témoigne l’écartement des spreads sur les dérivés de crédit sur le mois qui vient de s’écouler. L’indice iTraxx Crossover qui mesure le coût de la protection contre le risque de défaut des titres les plus risqués, a ainsi augmenté de près de 60 pb à 742 pb. Début mai, il était tombé à 663 pb.
Dans ce contexte, les gestionnaires du « Panel Agefi Crédit » se montrent plus partagés sur l’évolution des spreads à un mois. Positifs à 60 % début juin, ils ne sont plus que 38 % à anticiper, début juillet, un resserrement des marges. Neutres le mois dernier, Schroders et Société Générale AM ont désormais une vision positive. 43 % des gestionnaires anticipent une stabilisation, contre 35 % début juin. Axa IM, CPR AM, Crédit Agricole AM, DWS et Henderson sont par exemple passés de positifs à neutre. Enfin, 19 % des membres du panel tablent sur un écartement des spreads, contre 5 % il y a un mois. Groupama AM et JP Morgan AM ont abaissé leur prévision de positive à négative.
La visibilité sur le marché s’affaiblissant légèrement, les membres du panel qui surpondèrent la classe d’actifs, sont un peu moins nombreux. Ils restent cependant majoritaires, à 52 % contre 65 % début juin. CPR AM et CAAM ont réduit leur exposition de « surpondérer » à « neutre ». Par ailleurs, alors qu’aucun gestionnaire ne sous-pondérait le crédit au début du mois dernier, ils sont à présent 19 % à le faire. Allianz Global Investors, BNP Paribas AM et Groupama AM sont passés de « neutre » à « sous-pondérer ». Schroders réduit pour sa part son exposition de « surpondérer » à « sous-pondérer ».
Même si le marché européen du high yield s’est véritablement rouvert la semaine dernière avec l’émission obligataire de Wind, les gestionnaires misent toujours sur les titres bien notés, en moyenne « A ».
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché. -
Les derniers comptes des ACM valorisent Ardian à 5,9 milliards d'euros
Les Assurances du Crédit Mutuel détenaient 20 % de la structure de tête du gestionnaire français de non-coté à la fin de 2025. L'assureur est un de ses actionnaires de référence depuis 2013. -
L’AMF veut accompagner l’innovation financière tout en protégeant les épargnants
A l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers, sa présidente a qualifié les arnaques financières de « phénomène de société ». Elle continue à prôner le rôle majeur de la France dans le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement. -
QIA et Cofides s'allient pour soutenir le développement des PME espagnoles
QIA, le fonds souverain du Qatar, et Cofides, l’institution financière publique espagnole, ont annoncé un accord visant à créer un fonds d’investissement commun afin d’investir dans des projets stratégiques à travers l’Espagne.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu