Le Panel accroît son appétit pour le marché du crédit
Le segment «investment grade» a continué d’attirer les investisseurs avec un mois record du marché primaire sur l’année.
Publié le
Patrick Aussannaire
La baisse des rendements des obligations d’Etat européennes vers des plus bas historiques accroît l’appétit des investisseurs pour le marché du crédit. Si les séquelles de la correction subie en septembre se font encore sentir en les rendant plus sélectifs, les gérants du Panel ont non seulement renforcé leur surpondération globale sur la classe d’actifs, mais également leur vision positive sur l’évolution des spreads pour ce mois.
Ils sont ainsi désormais 16 sur les 18 à surpondérer le crédit au sein de leurs portefeuilles d’actifs, seuls Allianz Global Investors conservant une position neutre. Si Swiss Life AM a fait évoluer sa position vers la neutralité après une surpondération le mois précédent, Edmond de Rothschild AM et Axa IM ont quant à eux fait le chemin inverse.
Parallèlement, les gérants confirment leur optimisme sur l’évolution des spreads, la part tablant sur une stabilité s’étant réduite à six sur les 18 maisons ayant répondu au Panel Crédit en décembre, soit deux de moins qu’en novembre. Amundi, CM CIC et CPR AM ont ainsi passé leur perspective de «neutre» à «positive», tandis qu’Axa IM et Swiss Life sont redevenus neutres. La part de cash dans les portefeuilles s’est en outre stabilisée sur des faibles niveaux de 2,94%, alors qu’elle était encore de 3,47% au mois de juin dernier. Ce sont Natixis AM, Nordea Investment Funds, Amundi, M&G Investments et Schroders qui se montrent ainsi les plus offensifs avec une part de cash sous les 2%, alors que Swiss Life AM reste le plus prudent avec 7% dans ses portefeuilles.
La tendance à l’allongement de la duration moyenne des portefeuilles de crédit, que l’on observe depuis plusieurs mois, s’est néanmoins stabilisée au mois de décembre à 4,5 ans.
Le marché primaire a clôturé son mois le plus actif de l’année la semaine dernière. Telefonica a notamment réalisé une émission de dette hybride d’un montant de 850 millions d’euros qui a rencontré un carnet d’ordres de 2,8 milliards. Emise à un spread de 380 pb au-dessus du taux mid-swap, elle cotait vendredi à +360 pb sur le marché secondaire. Repsol a quant à lui émis 500 millions d’euros de titres à 12 ans notés BBB à un spread de 113 pb, Amadeus 400 millions d’obligations BBB à 2 ans à + 47 pb, et GlaxoSmithKline 2,5 milliards d’euros de titres à 4 et 9 ans notés A+ à des spreads réduits de 33 pb et 55 pb.
Le segment «investment grade» (IG) ressort grand vainqueur avec une performance totale qui se rapproche du seuil des 8% depuis le début de l’année, alors que même le «high yield» s’est repris la semaine dernière avec une performance voisine de 6%. Pourtant, avec un rendement sur l’IG en baisse à seulement 1,2%, «les investisseurs devront bientôt rechercher des alternatives, et des secteurs à bêta plus élevé sur le segment IG ainsi que sur le HY devraient en bénéficier le plus», estime SG CIB. L’intérêt pour les Cocos et la dette hybride pourrait alors revenir.
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