Le Panel abaisse ses prévisions de taux

Les marchés attendent le lancement sous peu des achats de dette souveraine de la BCE
Solenn Poullennec

Le Panel de L’Agefi a revu à la baisse ses prévisions de taux pour la zone euro. Ses membres s’attendent cependant à ce que les rendements se situent, d’ici à trois mois, à un niveau légèrement plus élevé que celui d’aujourd’hui. Il faut dire que le lancement imminent du programme d’assouplissement quantitatif (QE) de la Banque centrale européenne (BCE) a écrasé les courbes de taux. La réunion de la BCE de jeudi sera l’occasion pour l’institution de détailler le QE et ses nouvelles prévisions.

La prévision moyenne des panélistes pour les taux à 10 ans allemands est passée à 0,43% à trois mois, alors qu’elle était encore à 0,49% le mois dernier. Elle est à 0,54% à six mois, contre 0,61% le mois dernier. Ces prévisions restent sensiblement supérieures au taux actuel des titres allemands à 10 ans. Il était à 0,31% à 10 ans vendredi dernier, en baisse de près de 7 points de base sur un mois.

L’écrasement touche davantage encore les titres des Etats européens dits périphériques comme ceux de l’Espagne alors que les achats de dette souveraine de la part de la BCE doivent débuter ce mois-ci.

«Les marchés regarderont la réunion de la BCE en espérant avoir des détails techniques sur le programme d’assouplissement quantitatif», écrit Dominic Bryant, chez Crédit Agricole CIB. Le 22 janvier, la banque centrale a annoncé qu’elle allait acheter chaque mois et jusqu’à la fin du mois de septembre 2016 pour 60 milliards d’euros de dette souveraine, de titrisations et d’obligations sécurisées. Si la BCE a précisé le système de partage des risques du QE, elle est restée assez évasive sur les autres modalités techniques du programme.

Lors de sa conférence de presse jeudi, le président de la BCE pourrait aussi tenter de dissiper les doutes sur l’efficacité du programme. «Il y a de plus en plus d’inquiétudes sur le fait que le programme pourrait être trop important par rapport à l’offre nette pour être absorbé par le marché obligataire, au point que la BCE pourrait devoir être très agressive dans ses achats», note Frederik Ducrozet de la recherche de Crédit Agricole CIB.

La réunion de jeudi sera aussi l’occasion pour la BCE de présenter ses nouvelles prévisions macroéconomiques qui iront pour la première fois jusqu’à 2017. Plusieurs économistes s’attendent à ce que l’institution revoie ses prévisions de croissance à la hausse, compte tenu de l’évolution des prix du pétrole, de la baisse de l’euro et des premiers effets de l’annonce du QE. En décembre dernier, la BCE tablait sur une croissance de 1% cette année et de 1,5% l’année prochaine en zone euro.

«La BCE va probablement reconnaître les récents signes d’amélioration pour les perspectives de croissance et la tendance à la hausse des dernières enquêtes», écrit Martina von Terzi, économiste chez UniCredit. Les derniers indices PMI publiés par Markit indiquaient que la croissance dans la zone euro euro avait atteint un point haut de 7 mois, en février. L’indice PMI Flash composite s’est inscrit à 53,5 contre 52,6 en janvier.

L’évolution de la masse monétaire en janvier a aussi positivement surpris les analystes alors que les prêts au secteur privé ont augmenté de 0,5% sur un an en janvier en données ajustées.

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