Le P-DG de Morgan Stanley contesté par des investisseurs activistes
CtW, un gestionnaire de fonds de pension soutenu par les syndicats américains, souhaite remplacer John Mack par un président indépendant
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Thierry Arnaud, à New York
La prochaine assemblée générale des actionnaires de Morgan Stanley, le 8 avril, pourrait ne pas être de tout repos. CtW Investment Group, un gestionnaire de fonds de pension qui détient une modeste participation au capital de la banque d’affaires, réclame des changements au sommet. Insatisfait de la gestion du P-DG John Mack, il souhaite voir ce dernier renoncer à son fauteuil de président du conseil d’administration au profit d’un administrateur indépendant.
Les chances de succès sont minces. John Mack est soutenu par une solide majorité de son conseil d’administration et de ses actionnaires. Cette démarche n’en est pas moins révélatrice de la frustration de plus en plus apparente des investisseurs. Selon eux, les grandes banques de Wall Street ont pris des risques considérables avec une certaine légèreté et le résultat que l’on sait – dans le cas de Morgan Stanley, des dépréciations d’un total de 11 milliards de dollars.
CtW (« Change to Win », changer pour gagner) est affilié à des syndicats qui représentent près de six millions de salariés américains. Dans un entretien publié par le New York Times daté du 12 mars, son directeur William Patterson affirme que « l’argument en faveur d’un (abandon de la présidence du conseil d’administration) par John Mack est très solide. Tout ce que nous avons vu jusqu’à présent suggère que le conseil d’administration a trop protégé son P-DG. Les pertes que Morgan Stanley a subies et les risques pris ne sont pas justifiables. » Et d’ajouter que parmi les patrons d’établissements de Wall Street touchés par des pertes d’une telle ampleur, John Mack est le seul à être toujours en place, après les départs de Stanley O’Neal de Merrill Lynch et de Charles Prince de Citigroup.
Pour autant, CtW ne réclame pas le départ de John Mack du conseil d’administration ou de son poste de directeur général. Il recommande de s’abstenir au moment de voter en faveur du maintien de John Mack à la présidence du Conseil. Il appelle à ne pas soutenir deux administrateurs, Robert Kidder et Howard Davies, l’un et l’autre membre du comité d’audit au moment de la nomination de John Mack au poste de P-DG et lorsqu’il a été décidé que le responsable du risque rapporterait non plus au P-DG mais à la directrice financière (remerciée depuis) Zoe Cruz. CtW a également adressé des lettres aux conseils d’administration de Merrill Lynch, Citigroup, Bank of America, Washington Mutual et Wachovia pour dénoncer les lacunes de leurs comités d’audit.
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