Le nouveau plan d’austérité de l’Espagne entériné aujourd’hui en conseil des Ministres
Les premières mesures d’urgence qui seront annoncées aujourd’hui permettraient de réduire le déficit public à 4,4% du PIB. Au menu des réformes: de fortes coupes budgétaires dans les administrations, la réforme du marché du travail et la restructuration du système financier. Cependant Angel Laborda, directeur de la conjoncture d’une Fondation de Caisses d’épargne, a récemment confié à la presse que pour atteindre cet objectif, l’Espagne devrait économiser plus de 40 milliards d’euros.
Pour Rafael Pampillón, directeur d’analyses économiques à l’IE Business School, il s’agirait d’une série de réformes «édulcorées» qui seront annoncées. «Les mesures plus impopulaires devraient tomber», selon lui, «en mars 2012, après les élections en Andalousie».
Dans le secteur public, l’exécutif prévoit un «taux zéro» d’embauche dans les administrations, sauf pour les forces de sécurité et les services de base et surtout le gel du salaire des fonctionnaires, «qui entraînera une perte de 2,5% de leur pouvoir d’achat», estime l’économiste.
La réforme la plus attendue est sans aucun doute celle du marché du travail. Selon le quotidien El País, le gouvernement a communiqué aux syndicats son intention de geler le salaire minimum interprofessionnel (SMI) situé à 641,40 euros, soit le plus faible en Europe et de supprimer certains ponts. Mais selon Rafael Pampillón, les négociations sur les conventions collectives «destinées à réduire les indemnisations pour licenciement à vingt jours au lieu de trente par année travaillée» achoppent, d’où une prolongation des négociations jusqu’à la mi-janvier.
En ce qui concerne le secteur financier, l’exécutif annoncerait une prochaine vague de restructurations, donc de fusions, notamment des caisses d’épargne. Au centre des préoccupations: comment expurger des bilans les actifs toxiques liés à l’immobilier. «On n’est pas encore tombé d’accord sur la facon de le faire», souligne Rafael Pampillón.
Certains voient dans la création d’une bad bank publique la solution pour isoler ces actifs toxiques, les autres prônent de les regrouper au sein d’un holding. Emilio Botin, le patron de Banco Santander, s’y oppose et propose que les entités importantes absorbent celles en difficulté comme pour la Caja de Ahorros del Mediterráneo (CAM), vendue pour un euro symbolique à Banco Sabadell avec le Fonds de Garantie des Dépôts qui s’était porté garant de ses pertes à hauteur de 80%.
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