Le négoce électronique des obligations poursuit sa progression en Europe
La crise du crédit a toutefois modifié les priorités de certains intervenants, selon l’étude de l’Association des industries financières
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Yves-Marc Le Réour
La 3e enquête annuelle menée par la Sifma (Association des industries financières) en association avec la société de conseil Concise vient de mettre en lumière les pratiques en matière de trading des investisseurs obligataires européens à travers un échantillon comprenant 147 professionnels buy-side et 15 institutions bancaires sell-side.
L’étude a confirmé l’augmentation continue du négoce électronique dans les produits à taux fixes, 53 % des professionnels buy-side interrogés (contre 38 % en 2006) ayant eu recours à une plate-forme de ce type pour au moins 60 % des volumes traités l’année dernière, tandis que du côté sell-side 34 % des volumes ont été négociés électroniquement contre 31 % l’année précédente. Bien qu’inférieurs aux attentes initiales, les volumes de négociation électronique de ces derniers ont progressé de 10 % malgré le déclenchement de la crise des marchés du crédit, cette catégorie d’investisseurs prévoyant une nouvelle hausse des volumes ainsi traités de 15 % en 2008. Cette progression devrait provenir avant tout de produits titrisés (ABS), de contrats financiers bilatéraux (CDS) ou des obligations à haut rendement, plus de 80 % des obligations d’Etat américaines ou européennes étant déjà traitées électroniquement.
55 % des investisseurs buy-side espèrent pouvoir faire basculer la totalité de leur activité de négoce électronique sur une seule plate-forme dans les deux prochaines années. Alors que la transparence des prix et la qualité de l’exécution des ordres figuraient en tête pour justifier le choix d’une plate-forme électronique en 2006, ces deux facteurs ont été remplacés par les avantages d’une cotation en temps réel et d’une moindre volatilité en 2007 chez les investisseurs buy-side, probablement en raison de la crise du crédit; un pôle de liquidité élargi reste pour tous une motivation essentielle. Paradoxalement, si 92 % des intervenants buy-side jugent importante la possibilité d’avoir accès au négoce électronique, 82 % auraient tout de même recours à un intermédiaire qui ne proposerait que des transactions par téléphone. Enfin, si 90 % des investisseurs considèrent anormales les conditions actuelles sur le marché du crédit, près de la moitié envisagent une poursuite de cette volatilité au-delà de quelques mois.
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