Le mur budgétaire jette un voile sur la reprise de l'économie américaine
La Nabe douche quelque peu les espoirs d’une forte reprise de l’économie américaine. L’Association nationale des économistes d’entreprise a en effet estimé dans son rapport mensuel publié hier que la croissance du PIB américain devrait ralentir à 2% cette année, après 2,2% en 2012. La Nabe table certes sur une accélération de la croissance à un rythme annuel de 2,4% au dernier trimestre de 2013, mais reste plus pessimiste que les prévisions de la Fed, allant de 2,3% à 3%. Il en va de même pour l’année prochaine durant laquelle la croissance devrait atteindre 2,8% sur l’année et 3% au quatrième trimestre. Un rythme correspondant à la borne basse de la fourchette de prévision de la Fed, qui va jusqu'à 3,7%.
«Plus de 95% des économistes sondés estiment que la croissance réelle du PIB devrait être négativement impactée par l’incertitude entourant les déséquilibres fiscaux aux Etats-Unis et les problèmes liés à la poursuite de résolution budgétaire, de la séquestration (coupes automatiques) et du plafond de la dette», indique la Nabe. Suite à cet effet, la moitié des 49 économistes interrogés dans le cadre de l’enquête pensent que la croissance devrait être réduite de moins de 0,5 point, 33% qu’elle serait réduite de ce niveau et 13% de plus que ce seuil. Dans ce contexte, les dépenses et investissements publics pourraient accuser une contraction de 1% en 2013, contre une baisse de 0,6% anticipée en décembre dernier.
Or, la date butoir qui entraineraît, faute d’accord entre Républicains et Démocrates, des coupes automatiques dans les dépenses de quelque 85 milliards de dollars est fixée au 1er mars. «La principale inconnue de la semaine est, naturellement, le risque de coupe drastique des dépenses fédérales», estiment donc les analystes d’Aurel BGC. Plus de la moitié des économistes prédisent même que la séquestration interviendra soit sous une forme partielle soit entièrement le 1er mars. Plus d’un quart anticipent un report de la date butoir, et seulement 13% que les coupes seront évitées.
Le président Barack Obama a remis la pression ce week-end sur les Républicains pour accepter son plan qui prévoit une contribution plus importante de la part des ménages américains les plus aisés. L’impact de la brusque baisse des dépenses publiques est néanmoins limité à 0,6 point de croissance en 2013, selon le bureau du budget du Congrès américain (CBO).
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